Commentaire talleyrand

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  • Publié le : 24 mai 2010
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Corrigé du commentaire composé

Le 10 septembre 1791, en pleine Révolution, Charles-Maurice de Talleyrand, habile homme politique, s'adresse à l'Assemblée Constituante. C'est un extrait de ce discours que nous allons étudier. Son auteur, déjà à l'origine de l'article VI de "La déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen" de 1789 et co-rédacteur de la Constitution qui seraprésentée au roi Louis XVI, expose ici un projet sur l'instruction, projet qu'il souhaite voir voté par les députés. Il s'agit donc d'un discours polémique et argumentatif, où toutes les ressources de la rhétorique vont être employées. Quels moyens Talleyrand va-t-il mettre en œuvre pour faire accepter l'idée que l'instruction doit être généralisée et organisée ? Pour répondre à cette question, nousétudierons d'abord la progression rigoureuse de l'argumentation puis nous nous intéresserons aux procédés de persuasion auxquels recourt l'orateur pour parvenir à ses fins.

En ce 10 septembre 1791, Talleyrand sait que sa tâche ne sera pas simple : le texte du projet est long et il s'attend à rencontrer des résistances, au mieux, de l'inertie. Son discours va donc être un modèle de rigueur et destructure, menant l'auditoire pas à pas vers la conclusion logique que souhaite le politicien. C'est pourquoi il adopte une démarche inductive.
En effet, les trois premiers paragraphes présentent des faits et la quatrième énonce la proposition qui est au cœur même du discours : "organiser l'instruction" (l.20). La formulation du projet lui-même est redondante : nous observons une sorte deparallélisme établi par l'anaphore du pronom indéfini "tout" (qui résume les trois arguments développés auparavant et que nous abordons plus loin). La conjonction "donc" et l'usage des verbes "proclame" et "démontre" souligne le raisonnement irréfutable menant à valider la loi proposée et ce, en partant d'arguments eux-mêmes présentés comme inattaquables.
Comme nous l'avons dit, la première partie dutexte expose les raisons de voter le projet de loi. Ainsi, les deux premiers paragraphes expriment des faits que nul ne saurait contredire : "Les hommes sont déclarés libres" (l. 1) et "Les hommes sont reconnus égaux" (l. 11). En citant le texte fondateur de la République, à l'origine de la devise française "Liberté", égalité, fraternité", l'auteur s'appuie sur des éléments solides ! De là, ildémontre que cette liberté et cette égalité ne pourront être effectives ("serait peu sentie, (…) peu réelle" l. 12) et préservées que si elles sont garanties par l'instruction. C'est pourquoi il emploie des questions oratoires ("ne sait-on pas que l'instruction […] seule peut maintenir la liberté politique (…) ?" l. 1-2 ; "Ne sait-on pas que […] l'homme ignorant est à la merci du charlatan (…) ?" l.4)dont la forme interro-négative exclue toute autre réponse que "Si !". Démonstration habile et imparable.
De plus, dans le deuxième paragraphe, le conditionnel "serait" met en valeur les conséquences négatives du manque d'instruction : l'égalité fixée par la loi ne peut exister si l'instruction ne vient pas "affaiblir (…) les funestes disparités" entre les hommes (l. 13-14), elle n'existerait "quedans notre code" au lieu de prendre racine "dans l'âme de tous les citoyens" (l. 16). A nouveau, une question à la forme négative assène la nécessité de s'accorder avec Talleyrand ("Et n'est-ce pas … sont réservés ?" l. 18-19).
Cette rigueur dans l'argumentation est accompagnée d'un réel talent de persuasion grâce auquel le politicien va habilement souligner la nécessité d'organiserl'instruction.

En effet, dès les premières lignes, Talleyrand entraîne avec lui son auditoire. D'abord par l'usage des tournures interro-négatives qui non seulement (nous l'avons vu) orientent la réponse attendue mais obligent ainsi les députés à soutenir dès le départ les propos de l'orateur. Or, cela rend plus difficile toute expression ultérieure de refus ou de rejet. Il s'agit là d'une technique...
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