Commentaire texte pascal

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  • Publié le : 5 janvier 2011
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Pascal, Préface pour un Traité du vide
Les ruches des abeilles étaient aussi bien mesurées il y a mille ans qu'aujourd'hui, et chacune d'elles forme cet hexagone aussi exactement la première fois que la dernière. Il en est de même de tout ce que les animaux produisent par ce mouvement occulte. La nature les instruit à mesure que la nécessité les presse; mais cette science fragile se perd avecles besoins qu'ils en ont: comme ils la reçoivent sans étude, ils n'ont pas le bonheur de la conserver; et toutes les fois qu'elle leur est donnée, elle leur est nouvelle, puisque, la nature n'ayant pour objet que de maintenir les animaux dans un ordre de perfection bornée, elle leur inspire cette science nécessaire, toujours égale, de peur qu'ils ne tombent dans le dépérissement, et ne permet pasqu'ils y ajoutent, de peur qu'ils ne passent les limites qu'elle leur a prescrites. Il n'en est pas de même de l'homme, qui n'est produit que pour l'infinité. Il est dans l'ignorance au premier âge de sa vie; mais il s'instruit sans cesse dans son progrès: car il tire avantage non seulement de sa propre expérience, mais encore de celle de ses prédécesseurs, parce qu'il garde toujours dans samémoire les connaissances qu'il s'est une fois acquises, et que celles des anciens lui sont toujours présentes dans les livres qu'ils en ont laissés.

Entre homme et animal, nombreux sont ceux qui ont cherché à faire la comparaison. La plupart ont trouvé des différences notables, mais tous ne s’accordent pas dessus. Pascal nous livre dans cet extrait de la Préface pour un Traité du vide, sa vision deschoses. Il affirme qu’il existe une différence fondamentale entre l’homme et l’animal, qui n’est pas de l’ordre du degré mais de la nature elle-même. Ces deux êtres semblent être d’une essence radicalement différente. Cependant, en prônant cela, Pascal se heurte à des représentations différentes du monde, passées et futures.
L’animal possède une certaine perfection. Pascal s’accorder à dire celadés le début du texte au moyen d’un exemple concret. Prenant les abeilles pour référence, il souligne leur capacité à bâtir des ruches « aussi bien mesurées il y a mille ans qu’aujourd’hui ». Cette première approche du texte semble élogieuse. L’auteur reconnait dans les capacités des abeilles une certaine exactitude, une sorte de minutie qui fait que les alvéoles de leurs ruches sont si parfaites.Toutefois, ce propos si flatteur est bien mitigé. Pascal après avoir généralisé cette perfection animale, il souligne le fait qu’elle est due à un « mouvement occulte ». Comment comprendre cette dernière expression ? Deux lectures sont possibles. « Occulte » signifiant caché, mystérieux, on peut y voir notre propre ignorance quant l’origine et à la manière de produire ce mouvement. Mais, uneautre hypothèse, toujours basée sur la définition de ce propos peut nous emmener à penser que ce sont les animaux eux-mêmes qui ignorent la raison d’être de ce mouvement.
Pascal confirme cette théorie par la suite. Il déclare en effet que cette « science fragile se perd ». Par cela, il démontre que les capacités de l’animal lui sont données par la nature sans que lui-même en comprenne le sens, « ilsla reçoivent sans étude ». De ce fait, l’animal, dans l’incapacité qu’il a de comprendre sa propre science ne peut la transmettre et par conséquent celle-ci n’étant délivrée que par la seule nature, elle n’évolue pas. Ainsi, les animaux n’apprennent pas, ils agissent, comme la nature le leur dicte. Leurs facultés ne sont donc pas étudiées, assimilées, apprisses mais sont innées, naturelles. Cetargument semble ainsi montrer que les n’ont pas conscience de leurs actes, voire qu’ils n’ont simplement pas de conscience. En soulignant cela, Blaise Pascal semble se rapprocher d’un autre penseur de son temps, Descartes qui dans le Discours de la méthode affirme que les animaux sont de simples automates, des corps sans âme, incapables de penser, comprendre et prendre de conscience de ce qu’ils...
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