Commentaire therese raquin chapitre v

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  • Publié le : 26 octobre 2010
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Chapitre 5 ORAL FRANÇAIS THERESE RAQUIN ZOLA
Le chapitre V de Thérèse Raquin revêt une importance particulière, puisque c’est celui qui introduit le dernier protagoniste du drame, Laurent, qui doit devenir l’amant de Thérèse et son complice dans l’assassinat de Camille. L’ironie du sort veut que ce soit Camille lui-même qui l’introduise chez lui et le présente à sa femme. Les premiers regards decelle-ci pour Laurent laissent prévoir quelle sera leur relation future.

1. Présentation de Laurent par Camille

2. Le regard de Thérèse sur Laurent

1. Le jour (un jeudi) est déjà différent des autres, puisque c’est celui des « réceptions du jeudi », où Madame Raquin reçoit quatre personnes (Michaud, son fils Olivier et sa femme, et un collègue de Camille, Grivet). Laurent et déjà désignécomme « un grand gaillard carré des épaules ». Thérèse déteste ces soirées, mais elles plaisent à Camille, ce qui explique qu’il apparaît ici moins passif que dans le chapitre précédemment étudié. La présentation qu’il fait de Laurent est l’occasion d’un dialogue au style direct, où la plupart des répliques sont prononcées par Camille. On a vu que le narrateur a comparé celui-ci à un enfant gâté,et on voit ici le jeune homme tout énervé par cette rencontre qui l’enchante : quatre des cinq répliques au style direct sont des paroles de Camille qui traduisent un enthousiasme puéril.
Il répète quatre fois le prénom de Laurent - qui apparaît neuf fois dans le texte, comme s’il était tout heureux de sa découverte. Deux fois, Camille le désigne par des expressions traduisant une camaraderiecomplice : « ce monsieur-là », « ce farceur-là », complicité exprimée également par « un geste familier ».
Ses exclamations, ses questions, ses répétitions font voir également son enthousiasme : la deuxième réplique de Camille rappelle leur enfance à Vernon, la suivante les circonstances de leurs retrouvailles, qui, quoique banales, émerveillent Camille, et la réplique suivante est un résumé del’évolution de Laurent depuis que Camille et lui se sont perdus de vue.
On peut penser qu’il éprouve une vive admiration pour Laurent : révélée par l’anaphore de « Laurent », l’expression de son admiration pour les champs de son père, mais surtout l’éloge de la santé, des études et de la carrière de Laurent : « Lui, il se porte bien » (on sait que Camille se porte mal) « il a étudié » (Camille n’a reçuqu’un enseignement élémentaire). « Il gagne déjà 1.500 francs » (on sait au chapitre III que Camille gagne 100 francs par mois, ce qui représente 1.200 francs par an, alors qu’il est entré aux chemins de fer d’Orléans depuis trois ans). La mention des études de droit et de la peinture en font un homme supérieur, instruit et en quelque sorte auréolé du prestige sulfureux des artistes. Une ébauchemal dégrossie de ce qui pourrait séduire une jeune fille romanesque nourrie de lectures romantiques, mais dont le prestige ne touche pas Thérèse, « placide ».
En fait, comme on a appris dans les chapitres précédents que Camille est profondément égoïste, on devine qu’il saisit les moindres occasions de se donner de l’importance, pour tenter de compenser sa médiocrité. Zola, écrivain réaliste,analyse finement le mécanisme de cette compensation : pour Camille, exhiber Laurent chez lui, c’est un moyen de faire sensation, ce qui explique sans doute sa volubilité. En faisant admirer Laurent, il montre aussi que celui-ci le traite en égal ; la remarque « C’est si vaste, si important, cette administration ! [...] tout fier d’être l’humble rouage d’une grosse machine. » fait bien voir cettevolonté de faire rejaillir sur lui un peu du prestige qu’il prodigue à Laurent : comme lui, celui-ci est employé à la gare Orléans, et le compte-rendu de leur rencontre est et l’occasion de souligner l’importance du travail de Camille « vaste » explique pourquoi ils ne se sont pas rencontrés plutôt, mais traduit aussi, comme « important » la fierté naïve de Camille.

D’ailleurs, le « grand...
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