Commentaire ungaretti "souvenir d'afrique" "le port enseveli" et "silence"

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  • Publié le : 9 février 2011
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Guiseppe Ungaretti est un poète de nationalité Italienne né à Alexandrie d'Égypte, qui a écrit durant une cinquantaine d'années, au fil de ses voyages et expériences. Sa poésie est comme on le verra très attachée au souvenir, et les trois poèmes choisis font plus particulièrement référence à sa ville natale d'Alexandrie. La lumière elle aussi est un trait commun entre les textes, et semble êtreen lien avec le souvenir. Ces poèmes sont trois façons d'aborder le thème du souvenir, trois « visions » du même poète. Nous allons donc voir que cette poésie est basé sur une dynamique du souvenir qui permet la vision et la création poétique.

La poésie de Guiseppe Ungaretti puise sa matière dans le souvenir du poète. Quel que soit le sujet des poèmes, on retrouve dans leurs vers des élémentsqui font référence au passé. Si le titre « Souvenir d'Afrique » est une référence directe au passé, celui de « Silence », comme plusieurs titres de poèmes du même recueil (« Ce soir »; « Veillée »; « Détachement »; « Congé » ) , semble évoquer un moment plus immédiat. Ce poème s'articule pourtant autour du souvenir d'Ungaretti lorsqu'il quitta Alexandrie.
Dans les poèmes étudiés, on remarquedifférentes façon d'évoquer le souvenir. L'utilisation de temps du passé sont un renvoi direct, dans « silence »: "je m'en suis en allé", "persévérait", "j'ai vu". Dans le même poème, l'utilisation d'un présent de vérité générale ("je connais une ville qui chaque jour se remplit de soleil" ) place donc une distance physique entre le poète et cette ville.
De même, l'utilisation du présent "il ne mereste qu'un rien d'inépuisable secret" dans « Le port enseveli » ôte sa valeur d'immédiateté au présent utilisé dans les trois premiers vers du poème, en créant une distance temporelle entre ces deux évocations. On peut aussi voir le titre de ce poème comme une référence à l'Alexandrie antique et à l'imaginaire collectif qui s'y rattache (étant donné l'inspiration que la ville a suscité chez denombreux auteurs) ou encore une référence au mythe de l'Atlantide .
Le recours à ces références constituerait une seconde forme d'évocation du souvenir, plus stable car elle est ancré dans l'imaginaire collectif, et donc plus à même de faire écho chez le lecteur
L'évocation des tombes et de la mort se rattache aussi à cette forme de souvenir, étant à la fois un lien personnel et collectif avec lesouvenir des morts.

Ces différentes évocations du passé, les liens que le poète fait entre le passé individuel et collectif et le présent, sont le résultat d'un mouvement constant entre souvenir et instant présent. Tout d'abord, le poème « Silence » évoque le départ d'Alexandrie, cela traduit un lien entre voyage et souvenir. Dans « Le port enseveli » on note le mouvement dans les deuxpremiers vers. On peut y voir deux évocations ici: Le mouvement physique de la personne qui pénètre dans ce port enseveli, et le mouvement mental du poète qui sonde sa mémoire, comme peut le suggérer l'aller retour du poète entre lumière et obscurité. Ungaretti suggère que le déplacement physique est une des source du souvenir et fait un parallèle entre mouvements de la mémoire et mouvements physique(départ, voyage).
Dans « Silence », le départ et le souvenir sont évoqués à la suite, et l'utilisation de l'imparfait a une valeur sécante avec le présent qui crée une mise en abime du souvenir. Le poète retranscrit ici le souvenir qu'il a eu a cet instant. On peut y voir une réactualisation du souvenir qui rend la complexité du souvenir, comme le suggère la référence au coeur comme moteur dusouvenir. Ici le souvenir du chant des cigales n'est pas réduit à un son, mais il est pris dans son ensemble. On peut aussi voir la réactualisation du souvenir dans la similitude qu'il y a entre la première strophe de « Silence » et le poème « Souvenir d'Afrique ». De façon plus métaphorique, on voit dans « le port enseveli » que le poète "disperse" ses chants. Ce terme dénote dans le texte une...
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