Commentaire "a une passante", baudelaire

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  • Publié le : 17 juin 2011
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SEQUENCE 1 : LA POESIE.

« A une passante »,
De Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1861

Plan :
I. Une rencontre éphémère.
Un cadre original.
Un évènement fugace.
Récit d’un coup de foudre.

II. Une femme ambivalente, promesse de bonheur et de malheur.
Une femme inaccessible.
La figure rêvée de l’âme sœur.

Introduction :
Né à Paris en 1821, Baudelaire mène, de 18 à 21 ans, dansle quartier latin, la vie de bohême littéraire, interrompue par un voyage jusqu’à l’île Bourbon en 1841. La nostalgie de sa ville natale incite le poète à écouter son périple et à retrouver sa vie de débauche, au grand dam de sa famille qui lui concède une rente misérable pour l’empêcher de dilapider son récent héritage. Mûri pendant de nombreuses années, son premier recueil, Les fleurs du Mal,qui vaudra à son auteur une condamnation pour immortalité, paraît en 1857. Dans cette œuvre, Baudelaire se propose « d’extraire la beauté du mal ». Le titre, presque un oxymore, exprime sa sublimation du pêché et de la souffrance. Rejetant les excès lyriques du Romantisme et le formalisme du Parnasse dont la devise est « l’art pour l’art », Baudelaire, au cœur du siècle, annonce le mouvementsymboliste. A l’exaltation du moi, il préfère, grâce à l’imagination, faculté gouvernée par l’intelligence, renouveler les rapports entre émotion et langage. Sonnet tardif des « Tableaux parisiens », deuxième section des Fleurs du mal, rééditées en 1861, « A une passante » est une sorte d’instantané urbain, au sens photographique du terme. Les quatrains évoquent l’effet fulgurant d’un coup d’œil échangéavec une fascinante inconnue et les tercets sont consacrés aux émotions et réflexions nées de ce bref échange de regards. Dans ce sonnet irrégulier, Baudelaire renouvelle le motif de la rencontre amoureuse ; d’une part grâce à une mise en scène originale de l’évènement et d’autre part en créant l’image d’une femme ambivalente.

I. a)
Baudelaire inscrit l’évènement au cœur de la ville moderne,bruyante et anonyme : « La rue assourdissante ». Dans le vers 1 le vacarme omniprésent est exprimé par deux termes appartenant au champ lexical du bruit : « assourdissante, hurlait (valeur durative de l’imparfait qui marque une continuité) », puis suggéré par des allitérations en [r] (vibrante) et par la dureté des dentales [d] et [t]. Les hiatus, « rue assourdissante, moi hurlait », confirmentl’aspect dissonant de cet univers sonore.
La rue, personnifiée par le verbe « hurlait », est un sujet de la première phrase, alors que le narrateur, en position d’objet, subit l’agression sonore ; il est au centre de l’agitation urbaine, à laquelle il n’a pas l’air de participer, comme en témoigne le complément circonstanciel de lieu : « autour de moi ». L’inversion complément/verbe place le poète aucœur de l’agitation de la ville.
b)
L’entrée en scène de l’inconnue est évoquée par un verbe au passé simple, « passa », et donne lieu à une description en mouvement : le rythme régulier des vers 3 et 4 suggère un pas souple et cadencé. La mobilité de la femme est opposée à l’immobilité du poète exprimée par l’adjectif « crispé ».
De plus, le champ lexical de la fugacité parcourt tout lepoème, donnant à cette rencontre un aspect éphémère : « passante, passa, éclair, fugitive, soudainement, fuis. »
c)
Ce bref échange de regard n’en est pas moins intense et marquant pour le poète. Il est en proie à une violente émotion quand la jeune femme apparaît, comme en témoigne la comparaison, « crispé comme un extravagant », dans le vers 6 ; vers au rythme haché et croissant révélantl’agitation grandissante du poète. Il est victime d’un véritable coup de foudre, exprimé dans le deuxième quatrain par la métaphore de la tempête : « ciel livide où germe l’ouragan. »

II. a)
Cette belle inconnue qui entre un instant dans le champ de vision du poète et d’emblée perçue comme une créature inaccessible. L’accumulation par laquelle la femme décrite au vers 2 révèle une beauté...
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