Commentaire: a une passante de charles baudelaire

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  • Publié le : 17 avril 2011
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A une passante est un sonnet de Charles Baudelaire qui appartient à la section des Fleurs du Mal intitulée Tableaux parisiens. Comme beaucoup de poèmes de cette section, il est fondé sur le thème de la rencontre, tel que Les Petites Vieilles ou Les Aveugles. N’appartenant pas à la première édition des Fleurs du Mal (1857), Baudelaire l'a introduit dans la réédition de 1861. Ce poème nous rapportele récit d'une rencontre amoureuse fortuite, d'un coup de foudre à la manière des romans. Le poète rencontre une belle inconnue dans les aléas d'une grande ville. L'inconnue, par-delà sa personne même incarne la Beauté, à la fois fascinante et insaisissable. Une forme de l'Idéal prend vie pour disparaître aussitôt. Après une courte étude de forme, nous analyserons les sons et rythmes ainsi queleur impact sur ce poème. De plus, nous ferons une étude approfondie des vers.

Le récit est partagé en deux grands mouvements : un premier, allant du vers 1 à 9, est consacrée à l'apparition de la femme ; le second, du vers 9 à 14, à la méditation du narrateur où celui-ci examine les répercussions intérieures provoquées en lui par ces événements. Cette contexture binaire peut aussis'analyser au niveau de l'énonciation : en premier lieu, nous retrouvons le récit (v. 1 à 9) qui est suivi d'un discours adressé à la personne croisée (v. 9 à 14). Un autre aspect est le niveau des temps verbaux : l'emploi du passé simple et de l'imparfait dans le premier mouvement, puis dans le deuxième mouvement le temps du discours représenté par le présent, le passé composé et le futur. Enfin, lastructure du sonnet confère traditionnellement une unité de sens aux quatrains en les opposant aux tercets.
Le premier vers du poème place le narrateur dans un univers bruyant et quasiment hostile. La rue est personnifiée, ce qui la rend encore plus menaçante. De plus, elle « hurlait » autour de lui. L'impression de danger est renforcée par des insistances phonétiques. Les allitérationsen « r » sont très frappantes, de même que les assonances en « u » et « ou » qui imitent par leur dureté et leur stridence l'atmosphère sonore agressive de la rue. La rugosité du vers est amplifiée par le double hiatus ( a-u et u-a) au début et à la fin du vers : « rue assourdissante » et « moi hurlait ». Ces effets sonores convergent afin d'exprimer le décor hostile de la rue.
Les vers 2 à 5 quisuivent, sont dominés par des allitérations douces en « s » qui correspondent à l'apparition de la passante. Le poème suit le regard du poète : simple silhouette longiligne au départ, la vision se concrétise et semble se rapprocher. D'abord le poète ne fait qu'apercevoir et évoquer la passante, puis il la détaille concrètement. La passante est beauté statuesque, presque irréelle, et sa démarcheest plénitude rythmique. La cadence du deuxième vers est ascendante. Ce vers est ponctué de façon à délimiter les unités de longueur croissante, et précède ainsi la régularité des vers 3 et 4. Le vers 4 plus particulièrement accentue systématiquement toutes les 3 syllabes. Nous pouvons remarquer la symétrie des deux participes présent séparés par une virgule, puis celle des 2 groupes nominauxcoordonnés par « et ». Cette organisation syntaxique est emblématique de la démarche rythmé de la passante. Elle s'accorde à son pas et au va et vient régulier du mouvement de son bras et de sa robe. Le mouvement semble s'arrêter au vers 5 avec la comparaison « jambe de statue ». La phrase évoque parfaitement l'idée de majesté gracieuse que le vocabulaire explicite et restera la dernière image idéaliséeque conservera le narrateur. Baudelaire explique que pour lui la notion de tristesse est éternelle compagne de celle de beauté. L'idée de malheur est palpable dans le « grand deuil » de la passante, mais sa beauté n'en devient que plus étrange et puissante.

Le récit des 3 vers suivants change de sujet : de la femme, il passe à l'homme qui la contemple. Le tumulte émotionnel du poète est...
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