Commentaire d'un texte de bergson (bac stg 2011 philo)

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  • Publié le : 13 mai 2012
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Extrait d’un texte de Bergson
Notre conscience nous avertit […] que nous sommes des êtres libres. Avant d’accomplir une action, quelle qu’elle soit, nous nous disons que nous pourrions nous en abstenir. Nous concevons […] divers motifs et par conséquent diverses actions possibles, et après avoir agi, nous nous disons encore que, si nous avions voulu, nous aurions pu autrement faire. – Sinon,comment s’expliquerait le regret d’une action accomplie ? Regrette-t-on ce qui ne pouvait pas être autrement qu’il n’a été ? Ne nous disons-nous pas quelquefois : « Si j’avais su, j’aurais autrement agi ; j’ai eu tort. » On ne s’attaque ainsi rétrospectivement qu’à des actes contingents ou qui paraissent l’être. Le remords ne s’expliquerait pas plus que le regret si nous n’étions pas libres ; carcomment éprouver de la douleur pour une action accomplie et qui ne pouvait pas ne pas s’accomplir ? – Donc, un fait est indiscutable, c’est que notre conscience témoigne de notre liberté.


Questions
1. la thèse que soutient ici Bergson, c’est que nous savons que nous sommes libre parce que lorsque nous agissons, nous avons le sentiment que nous pourrions agir autrement, faire un autre choix entenant compte d’autres mobiles ou raisons d’agir. Le choix que nous savons avoir est donc le signe de notre liberté et comme notre conscience accompagne ce choix, nous prenons conscience de notre liberté. Liberté que confirme le retour sur nos choix. Là encore nous disons que nous aurions pu choisir autrement et la culpabilité qui peut accompagner nos choix passés est la marque de notre sent imentde responsabilité. Sentiment que nous ne pouvons pas avoir quand nous nous savons non libres, que nous savons nos actes nécessaires. On ne peut pas se sentir coupable d’être tombé à partir du moment où la chute a commencé, c’est une loi physique qui explique cela, par contre, on peut se sentir coupable, si on survit, de s’être ainsi jeté alors que d’autres alternatives étaient possibles, sansdoute. La responsabilité est le signe d’une liberté assumée.
2. a) La délibération qui accompagne nos choix souligne que plusieurs possibilités nous sont offertes, on a le choix et différents motifs nous poussent d’un côté ou de l’autre. Nous expérimentons notre pouvoir de prendre parti et le fait que les motifs ne sont pas des causes en elles-mêmes mais des raisons qui n’auront que le poids que nousleur donnons. C’est donc l’expérience de ce que Descartes appelait le libre-arbitre, de la volonté que nous expérimentons. Et quand nous revenons sur nos choix, c’est face à notre responsabilité que nous nous retrouvons.
b) Une responsabilité qui disparaît quand nous sommes face à des actes non contingents, c’est-à-dire nécessaires, dont nous savons qu’ils ne pouvaient pas être autrement qu’ilsont été. Mais comme le souligne Bergson, cette contingence ne peut être qu’apparente: il se peut donc que le libre arbitre soit une illusion, cela n’empêchera pas que nous nous sentions libres et pensions libres (on peut ici penser à l’illusion du libre-arbitre critiquée par Spinoza, même si la liberté peut être comme compréhension et acceptation de la nécessité – d’ailleurs c’est plutôt en cesens que Bergson pense la liberté comme opposé à l’hétéronomie et comme coïncidence avec ce que nous sommes)
c) Le remord et le regret ne peuvent en effet être sans sentiment de liberté, et par là de responsabilité. Se savoir déterminé, contraint abolit ses sentiments, c’est plutôt de la tristesse ou de la colère que l’on va ressentir comme une victime impuissante.



Notre consciencetémoigne-t-elle de notre liberté ?
N’avons-nous pas immédiatement grâce à notre conscience un sentiment de liberté plus ou moins grand ? Ce sentiment est-il confirmé par un examen de conscience approfondi sur nous-mêmes ? Ou cet examen est-il la condition pour que l’on devienne libre ?

I. Si on s’en tient à la conscience immédiate, on peut avoir un sentiment mitigé face à la question de notre...