Commentaire l'éducation sentimentale flaubert

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Faculté de Lettres de Limoges
Licence 1 lettres modernes

L’éducation sentimentale
Gustave FLAUBERT

Littérature du XIXe siècle

sommaire
INTRODUCTION

I. UN SPECTACLE ANCRE DANS UNE REALITE HISTORIQUE QUI REVET DES
ACCENTS EPIQUES
II. UNE FOULE EN MOUVEMENT, MUEE PAR UNE ENERGIE IMPERSONNELLE ET AMBIVALENTE, (…)
III. (…) FACE A L’IMMOBILISME DE FREDERIC ETHUSSONNET, PERSONNAGES DAVANTAGE SPECTATEURS QU’ACTEURS DE LEUR DESTINEE

Introduction:

Tenu aujourd’hui pour un véritable chef d’œuvre de la littérature française, l’Éducation sentimentale de Flaubert essuya, au moment de sa parution (1869), les sarcasmes unanimes de la critique avant de disparaître dans le naufrage du Second Empire. Ce roman d’amour auquel il a intégré une vaste fresquehistorique, raconte l’histoire d’un jeune homme, Frédéric Moreau, qui combine à lui seul enthousiasmes de le jeunesse romantique et ambitions sociales. Alors que se déclenche la révolution de 1848, il séduit tour à tour la lorette Rosanette et l’aristocrate Mme Dambreuse, mais ne peut atteindre sa véritable passion, Mme Arnoux, rencontrée dès le début du roman sous la forme d’un véritable coup defoudre. Grâce à l’interaction entre histoire privée et Histoire publique, Flaubert fait dans son roman le procès d’une génération manquée. L’extrait que nous avons à commenter se situe dans le premier chapitre de la troisième partie. Frédéric, attiré par les bruits des fusillades, s’est rendu dans les rues de Paris et, poussé par la foule, assiste au sac des tuileries, d’où le roi Louis-Philippevient de s’enfuir. On peut dès lors se demander si l’Histoire en tant que spectacle n’est pas le reflet d’une épopée impossible où Frédéric de par son immobilisme acquiert le statut d’anti-héros. Nous nous attacherons tout d’abord à voir en quoi ce spectacle, ancré dans une réalité historique, revêt une tonalité épique. Puis, nous soulignerons le mouvement d’une foule muée par une énergieimpersonnelle et ambivalente face à l’immobilisme de Frédéric et Hussonnet, des personnages qui davantage spectateurs qu’acteurs de leur destinée.

I. Un spectacle ancré dans une réalité historique et qui revêt des accents épiques.

Le véritable spectacle historique
Cet extrait se déroule véritablement comme un spectacle tant pour le lecteur que pour Frédéric et son compagnon Hussonnet et ce dèsla première phrase de l’extrait:
« Tout à coup La Marseillaise retentit. Hussonnet et Frédéric se penchèrent sur la rampe. C’était le peuple »
Comme si ils avaient pris place au pigeonnier d’un théâtre,l’impression de hauteur étant donnée par le fait qu’il soient en haut de l’escalier nos deux protagonistes sont avertis du début de la représentation par une amorce musicale; en l’occurrence icipar un chant patriotique qui avait acquierit en 1795, à la suite de la révolution de 1789, le statut d’hymne national français. Dès lors, le décor est pour ainsi dire planté, l’histoire semble se répéter: On vit une seconde révolution. L’introduction des personnages se fait par l’entrée en scène de cette foule, de ce peuple qui semble tenir le rôle principal. S’en suit la phrase:
« […]le chanttomba. On n’entendait plus que les piétinements de tous les souliers avec le clapotement des voix. »
le chant s‘interrompt,et le bruit sourd des souliers n’est pas sans rappeler les trois coups de bâtons donnés avant la représentation. Le silence n’est troublée que par« le clapotement des voix » d’une  foule qui ne va pas tarder à passer du statut de figurante prenant possession des lieux:
« Lafoule inoffensive se contentait de regarder »
à actrice. C’est véritablement le passage dans l’appartement et surtout le dais de velours rouge qui surplombe le trône qui marque cette transition. Cette longue étoffe par sa couleur et la place qu’elle occupe dans le texte n’est pas sans rappeler les rideaux du théâtre qui s’ouvrent sur une scène symbolisée par l’estrade sur laquelle monte peu à...