Commenter ce passage des essais en analysant, dans ses spécificités, le discours de montaigne sur son rapport aux anciens (i, 25, pp. 260-262).

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  • Publié le : 9 décembre 2011
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Commenter ce passage des Essais en analysant, dans ses spécificités, le discours de Montaigne sur son rapport aux Anciens (I, 25, pp. 260-262).

Dans ce passage, Montaigne parle de son rapport aux Anciens et de comment faut-il se comporter face à eux. Cet extrait est le prologue du chapitre 25 des Essais nommé De l’institution des enfants. On pourrait s’attendre à ce que ce prologue introduisejustement, les concepts de l’institution des enfants mais il n’en est rien. En effet, dans cette introduction, Montaigne parle de lui-même, de son rapport aux Anciens ainsi qu’aux écrivains qui lui sont contemporains. Il introduira quelques fois quelques notions qu’il développera plus loin dans le chapitre mais sans vraiment donner de réels conseils pour l’institution des enfants. Ce passage estune digression totale par rapport au reste du chapitre mais qui, cependant, reste cohérente et fait une bonne introduction à son traité d’institution des enfants.
Mais quel est son rapport aux Anciens et qu’apporte-il au chapitre tout entier ? Qu’essaye de montrer, de dénoncer Montaigne dans ce passage ?
Afin de répondre à cela, j’ai divisé le passage en trois parties et je commenterai chacuned’elles. Ces parties aborderont trois notions qui sont l’autorité, les connaissances et l’imitation. Je terminerai ensuite par la conclusion, en donnant une réponse finale à mes questions.

Tout d’abord, la première partie commence au début du passage : « Je n’ai dressé commerce […] » et se termine quelques lignes plus bas à : « […] et me fiert d’une plus vive secousse. » (pp.260-261). Danscette partie, Montaigne parle des auteurs anciens qu’il respecte, comme Plutarque et Seneque, ainsi que de ce qu’il apprécie comme l’Histoire ou la poésie. Dès le début, il dit n’avoir aucun lien, aucune fréquentation assidue des livres si ce n’est des écrits de Plutarque et Seneque, dans lesquels il dit puiser sans cesse, inlassablement, à la manière des Danaïdes remplissant sans fin un tonneausans fond. Il dit également que pour lui, l’Histoire est « [son] gibier en matière de livres », en d’autres termes, que c’est ce qu’il y a de meilleur dans la littérature puisqu’il s’agit d’histoires vécues, donc d’expérience et non simplement de savoir et de théorie. Il apprécie également la poésie car la rigueur de son écriture rend le texte plus frappant que s’il n’était écrit qu’en prose parexemple. Montaigne attache beaucoup plus d’importance aux écrits de Plutarque et Seneque qu’à ses propres essais. On peut donc voir ici que ces deux auteurs, ces Anciens parmi d’autres, font figure d’autorité dans la vie de Montaigne. Il les respecte et s’en inspire comme il le dit : « où je puise, comme les Danaïdes remplissant et versant sans cesse. » Cette première partie répond donc à la questiondu rapport de Montaigne aux Anciens. Il y a un rapport de respect entre lui et les auteurs anciens.

Ensuite, dans la seconde partie du passage, qui va de « Quant aux facultés naturelles qui sont en moi […] » à « […] et que je vais au moins de loin après, disant que voire » (p.261), Montaigne parle principalement de lui, se dévalorise et fait preuve de fausse modestie comme il l’avait déjàfait auparavant dans sa préface Au lecteur1, dans laquelle il déconseillait aux lecteurs de lire ses essais. Dans cette partie, il dit que ses conceptions et son jugement ne sont pas sûrs, « qu’il[s] ne marche[nt] qu’à tâtons, chancelant, bronchant et choppant » et que même lorsqu’il a donné le meilleur de lui-même, il n’est pas satisfait car il sait qu’il y a mieux, mais qu’il ne peut y arriver.Montaigne est un perfectionniste, c’est pourquoi il a réécrit plusieurs passages de ces essais, essayant de les améliorer à chaque fois. Toutefois, Montaigne écrit qu’il lui arrive parfois de traiter les mêmes sujets que les bons auteurs, comme Plutarque, mais qu’il ne tient pas la comparaison comme il l’écrit dans un style hyperbolique : «à me reconnaître au prix de ces gens-là, si faible et si...
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