Commerce italien au xi

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  • Publié le : 17 mars 2010
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Histoire économique et sociale :

voici le cours promis

Le commerce italien en Méditerranée aux XI° et XII° siècles

Introduction

Entre le temps des Khalifes qui se flattent d’empêcher les Chrétiens de mettre à l’eau ne serait-ce qu’une planche et le premier tiers du XIIème siècle où l’on trouve les Européens riches et armés de Novgorod (Russie) au Caire (Egypte) et de l’Islande àl’Atlas (Maroc actuel), il s’est produit un complet retournement de conjoncture ; à partir de ce moment jusqu’en 1204 où on les voit dépecer l’Empire byzantin, les Italiens ne semblent guère avoir raté d’occasion de développer leur commerce en Méditerranée orientale principalement.

I Les Italiens dominent les échanges en Méditerranée

a) Prise de contrôle de l’espace maritime

Au Xème siècle,les Arabes maîtrisent les routes maritimes de la Méditerranée, mais au siècle suivant, le souci de l’amorce d’une pénétration au Sahara, les invasions en Ifrîqiya et l’éclatement (après 1031) du khalifat de Cordoue en une quinzaine d’émirats rivaux coïncident avec le réveil des communautés urbaines d’Italie qui agissent d’abord, semble-t-il, comme corsaires. C’est le cas notamment des Pisans dès1013-1015 qui poussent jusqu’à Bône(Algérie actuelle) en 1034 puis des Gênois qui s’établissent sur toute la côte ligure.

L’effort principal est postérieur à 1050 : il se fait avec l’aide des Normands qui s’installent par hasard en Italie du sud après 1017-1030.

En 100 ans, la domination musulmane sur la Méditerranée occidentale, alors vieille de 4 siècles, s’effondre : on voit l’Islam reculerpartout en Occident, particulièrement en Espagne et se disloquer au Proche Orient.

La mer thyrénienne redevenue un lac chrétien ne peut suffire à l’Europe en essor dont les besoins exigent un accès à l’Orient et à ses produits de luxe et épices…

Or, l’éloignement multiplie les risques pour ceux qui s’y aventurent, le cabotage côtier y est rendu plus difficile par l’hostilité des rivages etde leurs occupants ; mais les Gênois notamment se lancent hardiment dans la poursuite des Sarrasins. Les pélerins n’ont jamais cessé d’accéder aux Lieux Saints ; ils s’y rendent plus nombreux en 1033 pour le millénaire de la Passion du Christ (époque où beaucoup de chrétiens redoutent la fin du monde). Des commerçants italiens font depuis le Xème siècle, la jonction avec l’Orient.

Dès 980 eneffet, les Vénitiens sont nombreux à Constantinople, les Amalfitains au Caire et à Alexandrie : on le sait par la fortune amassée par les Pantaleone originaires d’Amalfi qui sont notamment les fondateurs vers 1060-1070 d’un hospice à Jérusalem et pratiquent un négoce triangulaire Italie-mer Egée-delta du Nil. Les activités de ces marchands prouvent la sécurité des transports et la reprise lente dela voie commerciale maritime entre le Proche Orient musulman et l’Occident chrétien.

b)l’activité des ports italiens est dominée par la mer

Ces villes maritimes n’ont pas d’activités agricoles, ni industrielles, ou presque :

Venise n’est qu’un groupement d’ilôts ; le commerce y est la seule activité avec l’exploitation des salines et la pêche, quand, à partir du XIème siècle, la plupartdes biens-fonds de la lagune et du littoral voisin sont aux mains des établissements religieux.

Si Gênes n’occupe pas une île, les montagnes qui l’enserrent coupent la ville de tout arrière-pays et invitent les gênois à prendre la mer.

Amalfi quant à elle, occupe une étroite corniche au nord du golfe de Salerne.

Sur le plan politique, Venise du fait de sa situation insulaire échappe àl’emprise de l’Empire byzantin dont elle ne dépend que théoriquement et hors des empires carolingien puis ottonien : c’est donc un intermédiaire idéal entre l’Occident et l’Orient. La ville est forte de la cohésion de ses marchands, de leur sens de la collectivité, de l’oeuvre de l’Etat en leur faveur : les doges vénitiens vont périodiquement soumettre les villes dalmates, disputer aux Normands le...
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