Communication politique

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  • Publié le : 27 décembre 2010
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La démocratie délibérative suppose que les décisions politiques légitimes telles que la distribution de fonctions publiques soient prisent après discussion et décision collective de l’ensemble des citoyens y compris des minorités que constitues cette démocratie. Selon Rousseau, la légitimité d’une telle décision tient du fait que les citoyens font partis d’untout, d’un seul et même corps. Chaque décision prise ensemble n’a donc pas pour intérêt de nuire à ce corps sous peine d’autodestruction. Or selon Bernard Manin l’idéal de la démocratie délibérative va plus loin. Dans un article paru dans Le Débat en 1985 il propose une réflexion sur la démocratie délibérative. Vingt- quatre ans plus tard, ses idées sont toujours su la table des débatsphilosophiques et c’est dans un entretien avec Loïc Blondiaux dans la revue Politix, qu’il revient sur ses écrits. Au cours de cet article, il devient le lien entre les philosophes français et anglo-saxons. En effet, aux Etats-Unis, l’idée de démocratie délibérative est l’un des paradigmes les plus importants de la philosophie politique. Cette montée en puissance de l’intérêt pour cet idéal délibératifdans la philosophie politique s’accompagne d’un renouveau des méthodes d’analyse et de réception de l’opinion publique. Ces méthodologies sont elles aussi l’objet d’un article publié dans Politix par Loïc Blondiaux.

I. Une vision idéaliste de la démocratie délibérative

La délibération pour obtenir l’accord d’autrui
Il faut penser la délibération comme un processus permettant de prendredes décisions par l’accord aval d’autrui et non comme un marchandage ou comme un accord d’échange. En avançant des arguments et en échangeant des avis. En effet, l’idée centrale de la démocratie délibérative se fonde sur le fait que les individus n’ont pas d’avis tranchés sur une question et qu’ils sont imperméables aux autres avis de leurs congénères. Ils peuvent certes avoir desconsidérations (comme nous le verrons) mais comme le prouve les résultats obtenus lors de l’organisation de sondages délibératifs, les avis peuvent changer, les citoyens sont donc malléables et influençables. De là, les échanges produits lors des débats, comme le souligne Bernard Manin, sont des échanges persuasifs.

L’opinion des citoyens comme fonctionnement de la démocratieAu sein d’une démocratie délibérative, les décisions doivent être prises collectivement à travers l’organisation de débats et de discussion ouverte à tous les citoyens, non censurée et libre, de ces échanges se dégage une opinion collective, elle correspond, selon Clyde King au « jugement social atteint sur une question d’importance civique ou généraleaprès une discussion publique(…)[elle] n’est pas la foule mugissante dans la rue ; elle n’est pas un peuple indigné(…) » En d’autre terme, l’opinion publique légitime est issus d’une discussion rationnelle et publique, elle est juste si les participants du débat ont pu s’exprimer de manière égale. Afin de mesurer et de recueillir cette opinion plusieurs outils ont fait leur apparitiondepuis les années 1980 : le sondage délibératif et le questionnaire à choix.

II. Vers la promotion d’une opinion publique plus p roche de l ’opinion individuelle

Les sondages traditionnels, une méthodologie désuète
Face à la montée en puissance de l’idéal de démocratie délibérative longuement décrite par Bernard Manin, les sondages traditionnels utilisés afin de recueillirl’opinion publique ne correspondent plus à la vision de cet idéal. En effet, les sondages traditionnels correspondent aux sociétés libérales où les citoyens sont interrogés occasionnellement et n’ont pas forcement connaissance des enjeux politiques sur lesquels ils sont sondés. De plus, les sondages traditionnels de par leurs dispositifs, accentuent le caractère privé de l’opinion publique...
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