Compte-rendu alain corbin, le village des cannibales

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  • Publié le : 29 mars 2010
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Le village des « cannibales »
Alain Corbin

I- la cohérence des sentiments
Démarche : ne pas rechercher les causes, mais le sens, les conditions du drame psychologique qui conduisent au massacre.

1)- la paille et le joug
Au Périgord, beaucoup de châteaux. En réalité les nobles ne sont pas si riches que ça et ne possèdent pas beaucoup dans la région : peu de sens de la rentabilité, peud’exploitation du paysan ; mais dans certains villages « ilots » la noblesse garde une grande emprise (surtout en Dordogne). > La paysannerie déteste la noblesse. En plus la bourgeoisie rurale (qui détient nombre de mairies), qui elle aussi a souffert de son infériorité, excite ce sentiment chez les populations, invente des complots de restauration (elle veut détourner la haine de la possession deterres et de richesses vers celle de l’homme de « caste »). > Rumeurs. Avec l’exode rural d’une partie de la bourgeoisie, la noblesse reprend une relative importance et se montre plus familière. Mais cette proximité pourra s’avérer dangereuse…
Aux révolutions le 1830 et de 1848, on avait assisté à des manifestations de violence vis-à-vis de la noblesse (pillages de châteaux…). Après les journées dejuin, la foule paysanne commence à s’en prendre aux curés, aux riches, aux nobles surtout (« brigands qui se sont emparés des biens de la commune »). Les discours de la paysannerie et de la bourgeoisie rurale se font porteurs de menaces très violentes.

2)- les fleurs séditieuses
La haine du curé : attisée pas la bourgeoisie anticléricale. Rumeurs sur des volontés de restauration en complot avecla noblesse, alors même que les liens clergé-noblesse se distendent. On observe un déclin de la ferveur religieuse dans la région, puis une « reconquête », mais celle-ci n’a pas lieu à Hautefaye. 3 revendications paysannes : le retrait des bancs dans les églises, la gratuité des sonneries de cloches et le libre accès des fidèles à la partie du chœur située autour de l’autel (> quelques révoltesdans des églises de la région : 1790, 1838, 1848). Violences verbales : menaces de castration, évocation de la découpe du corps. Et il ne s’agit pas de métaphores. > Banalisation des conduites de cruauté, même chez la jeunesse. Sorte de concurrence : les fonds consacrés à l’entretien des églises et aux « menus avantages matériels » des prêtres ne seront pas utilisés pour la modernisation du terroircommunal. Sous le second Empire, l’autorité freine la violence mas ne peux empêcher la rumeur. Psychose du renversement impérial et du rétablissement de la dîme (interprétation d’un écusson diocésain en 1868). Ex : à Cercoux un mouvement populaire à pour but d’enlever toutes les fleurs suspectes (lys) de l’ornement des églises. On finit par entendre des menaces de torture à l’égard d’un brigadierqui s’interpose entre la foule et le curé. L’agitation gagne en quelques mois les communes environnantes.

3)- les voleurs de caisses publiques
Les paysans ont peur aussi des républicains (donc sont contre les blancs ET les rouges), comme menace qui pèse sur eux et sur l’empereur. Cette détestation du républicain (étrange quand on connaît l’enthousiasme de 1848) a pour cause l’association dusouvenir de la révolution avec le trouble et les brigands. « Cette région […] se caractérise par une sensibilité particulière à la rumeur angoissante. » en 48 les paysans votent massivement rouge, mais se mobilisent plus contre les 45 centimes (émeutes dans le Périgord mais surtout dans la Creuse et dans le Lot) que pour la cause de Ledru-Rollin et les autres. Point central de la haine : lespaysans croyaient que la république était la fin de toutes les contraintes, et on leur impose cette nouvelle taxe + le rétablissement de l’impôt sur les boissons… les mouvements, menaces et pétitions pour que l’assemblée abolisse l’impôt sont des échecs. Les paysans refusent de payer, rentrent dans l’illégalité (chasse sans permis…), malmènent les percepteurs. Puis la candidature de LNB ramène...
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