Compte rendu critique sur un ouvrage traitant

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  • Publié le : 15 novembre 2009
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COMPTE RENDU CRITIQUE SUR UN OUVRAGE TRAITANT
DE L’ŒUVRE DE RACINE

Un des thèmes qui intéresse le plus les littéraires au sujet de l’œuvre de Racine, le plus grand dramaturge classique français avec Pierre Corneille, est sans doute l’influence très marquée que la Bible a eu sur ses textes. Sans être un thème controversé, la tradition littéraire, jusqu’à nos jours, a porté réflexion sur levocabulaire biblique dans les écrits de Racine, spécialement dans ses dernières tragédies, Esther et Athalie. En fait, il est clair que les Livres Saints ont inspiré Racine puisque, dans les éditions originales des deux pièces nommées précédemment, il y figure «TRAGÉDIES tirées de l’Écriture Sainte» en sous-titre. Il est même possible de croire que Racine anticipa un temps où ses lecteurs allaientsurtout admirer la coloration biblique dans Esther et Athalie et que le reste ne sera que secondaire à leurs yeux. La religion d’Israël, par exemple, est présente dans sa plus haute expression dans le texte d’Athalie, qui est composé à la fois de religion chrétienne et d’inspiration hébraïque.

Ainsi, Racine a senti le besoin de créer un style nouveau dans la rédaction de ses deux dernièrestragédies sacrées et, pour cela, il s’est donné comme référent les textes bibliques de son époque. Cette élaboration d’un style différent de celui qu’on est familiarisé de voir dans l’œuvre de Racine intéresse particulièrement l’auteur Gabriel Spillebout. Dans son ouvrage intitulé Le vocabulaire biblique dans les tragédies sacrées de Racine, G. Spillebout étudie de façon pointue et exhaustivechaque connotation religieuse d’ordre biblique dans les textes d’Esther et d’Athalie. La marque du génie de Racine est considérable dans ces œuvres sacrées. Le poète fait appel à un sens poétique hautement remarquable car il s’est inspiré de textes qu’il ne connaissait probablement pas puisqu’il ne parlait pas l’hébreu. Cependant, il n’est pas seulement question de vocabulaire biblique dans sonouvrage tel que l’annonce le titre, mais aussi des confusions d’ordre spirituel de Racine sur sa recherche d’équilibre entre trois religions ( le christianisme, le judaïsme et le jansénisme).

Spillebout commence son texte avec un recensement et une critique des études réalisées par l’auteur au sujet du caractère biblique dans les œuvres sacrées de Racine : A. Coquerel en 1863, l’abbé Delfouren 1891 et J. Lichtenstein en 1933. Ensuite, la première partie examine minutieusement les diverses Bibles qui ont inspiré les textes de Racine (la Bible de Vatable du XVIe siècle, le Nouveau Testament de Mons et la Bible de Sacy de 1672 à 1695). Une étude de comparaison entre les mots ou expressions à inspiration biblique de Racine et les livres saints suit dans l’ouvrage : « Nous avons doncdécidé de constituer un corpus de textes de la Bible de Sacy, formé de textes dont notre étude de sources nous a fourni les références, et d'établir des comparaisons de détail entre ce corpus et les tragédies sacrées de Racine »[1]. Deux idées se dégagent de cette première partie ; la première explique que la poésie biblique a été adoucie par Racine et la deuxième défend le fait que le lexique présentdans les tragédies sacrées est souvent moins abstrait que celui des tragédies profanes.

Dans la seconde partie (Le Dieu de Racine), l’auteur développe le rapport de Dieu avec le peuple et l’homme dans le théâtre sacré de Racine. Cette théologie ne concerne cependant pas seulement le Dieu de la Bible chrétienne classique. Une lecture approfondie des textes de Racine révèle une certainecontamination par la pensée du Dieu hébraïque, notamment en ce qui concerne le mot «ciel». La poésie des prophètes a été en quelques sortes humanisée, même si la fidélité du dramaturge par rapport à sa Bible locale reste évidente. Certains vers célèbres de Racine rejoignent même les Psaumes : «Celui qui met un frein à la fureur des flots» (Psaume 31).

La dernière partie illustre la...
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