Compte-rendu de lecture sur le vampire

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  • Publié le : 6 décembre 2010
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Compte-rendu de lecture :Jean MARIGNY, Le Vampire dans la littérature du XXe siècle, Paris, Champion, 2003.

Ce compte-rendu est publié avec l’aimable autorisation de Recherche Littéraire/Literary Research (AILC).
De Jean Marigny, on connaissait la thèse Le Vampire dans la littérature anglo-saxonne, publiée en 1985, et deux anthologies, Histoires anglo-saxonnes de Vampires (Librairie desChamps-Élysées, 1978) et Les Vampires: Dracula et les siens en collaboration avec Roger Bozzetto (Omnibus, 1997), mais aussi Sang pour sang: le réveil des vampires (Découvertes/Gallimard, 1993) et, dans la collection Figures mythiques des éditions Autrement, un ouvrage collectif sur Dracula à l'occasion du centenaire du roman de Stoker (1997). Fondateur et président du GERF (Groupe d'Études et deRecherches sur le Fantastique) pendant de nombreuses années à l'Université Stendhal, membre de la branche canadienne de la Transylvanian Society of Dracula, il a fait récemment (2003) paraître Le Vampire dans la littérature du XXe siècle.
Ce livre s’inscrit donc dans un mouvement de recherches sur un thème en expansion tant sur le plan littéraire qu’artistique ou médiatique. Il s’agit d’un ouvrageque l’on pourra qualifier de référence puisque qu’environ 600 titres sont cités. Deux objectifs principaux se dégagent de cet ouvrage, d’une part celui de faire état de l’étendue du thème du vampire dans les littératures d’autres pays que les pays anglo-saxons (Allemagne, Hollande, Espagne, Italie, Russie, Tchécoslovaquie, France, Chine), mais force est de constater que la production anglo-saxonnereste majoritaire ; d’autre part celui d’établir un bilan des différentes directions stylistiques, génériques que le thème du vampire a suscitées. L’ouvrage se divise en deux parties, la première descriptive, la seconde analytique.
Le vampire dans le texte
Dans le premier chapitre, l’auteur constate que l’on trouve le vampire partout au XXe siècle : dans la littérature, à la fois dans lesromans et les nouvelles, et dans les médias : au cinéma, à la télévision et dans les jeux de rôles. Jean Marigny ne s’intéresse visiblement pas aux jeux vidéo et ne perçoit pas le prolongement du mythe dans ce domaine. Il pense au contraire que le XXIe siècle risque de le renvoyer aux oubliettes.
Dans le second chapitre, il remarque que les auteurs s’amusent à surprendre le lecteur en jouant sur lesvariations d’un genre largement stéréotypé. Du récit linéaire au récit éclaté, en passant par le récit dialogué à visée psychanalytique, le personnage du vampire suit deux voies, l’une traditionnelle, l’autre volontairement plus moderne. L’ouverture du mythe à un nouveau lectorat, celui des enfants, engendre un type de récit interactif et éthique.
Le troisième chapitre s’intéresse aux genres danslequel le vampire s’est inséré : fantastique, gore, science-fiction, fantasy, littérature policière, romans historiques et uchronies, roman sentimental, littérature érotique, littérature pour la jeunesse et enfin dans l’humour, l’ironie ou le nonsense. Autrement dit, le personnage du vampire change de statut par rapport au XIXe siècle. Il n’est plus un épouvantail, mais il acquiert une densité,jusqu’à devenir un véritable héros. C’est parce que les genres littéraires se décloisonnent que le personnage et le thème ont pu se complexifier.
On peut toutefois exprimer une réserve quant au rôle de l’humour dans les récit terrifiants lorsqu’ils ne sont pas parodiques, catégorie que Jean Marigny a volontaire exclue de son corpus, (comme dans le film Les Temps sont durs pour les vampires1) carl’humour peut servir à la terreur autant que le tragique. Le tragique à outrance peut se révéler grotesque, tandis que l’humour bien dosé permet une rupture de l’angoisse, une pause pour détendre le spectateur qui, baissant sa garde, se laisse d’autant plus surprendre. C’est ce que Roman Polanski a réussi dans son film Le Bal des vampires2 et on peut s’étonner que cette œuvre ne soit pas...
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