Compte rendu trente arpent

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  • Publié le : 16 février 2010
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Université du Québec à Chicoutimi Marie-Hélène Fortin
Compte rendu du roman « Trente Arpents » Février 2010

Le roman “Trente Arpents” de Ringuet est communément qualifié comme étant un roman du terroir, la tradition voulant que l’homme soit relié à sa terre de façon ancestrale. Depuis des générations, la terre est cultivée de tout son être et l’homme, qui en est soncultivateur, prend soin de celle-ci dans toute sa splendeur. Dans le roman, nous prétendons que le héros est l’homme qui exploite cette terre car, il en parle du début à la fin.

«On va commencer betôt les guérets, m’sieu Branchaud. Mon oncle m’a dit comme ça en partant : “ y faudra labourer le champ en bas de la côte, demain ”» (Ringuet, 1938, p.7)

Bien que se soit un roman du terroir,j’ai pensé qu’il appartenait aussi à un genre que l’on appelle l’agriculturalisme. Ce genre est caractérisé par plusieurs points qui nous ont été enseignés. Par exemple, le héro de ce roman est un cultivateur, il ne peut y avoir de doute. Dans ces années là, il y avait des coutumes et des mœurs qui ne changeaient point. L’homme était amoureux de sa terre, il la labourait, la moissonnait et lafécondait, tandis que la femme ne s’occupait que d’agrandir la famille et de s’occuper de la maisonnée. Voici ce qu’était la vision romantique du terroir.

« Et cela suivant l’ordre établi depuis les millénaires, depuis que l’homme, abdiquant la liberté que lui permettait une vie de chasse et de pêche, a accepté le joug des saisons et soumis sa vie au rythme annuel de la terre à laquelle il est désormaisaccouplé. La vie passait à la terre à l’homme, de l’homme à la femme, et de la femme à l’enfant qui était le terme temporaire. » (Ringuet, 1938, p.48)

Durant la lecture du roman, j’ai observé la bataille perpétuelle entre le bien et le mal. Ce que nous entendons par le bien est la campagne, la ferme, l’héritage générationnelle, le passé et Dieu. Le mal quant à lui est représenté par la ville,les usines, le changement, l’évolution, le futur et les Etats-Unis avec leur ère industrielle. Une lutte de déchirement, une lutte sans merci contre la pureté d’une terre qui se mérite et qui nous mérite si l’on se bat pour elle. Depuis longtemps que l’homme engraisse sa terre, qui la transmet de génération en génération. Ces hommes idolâtres le passé car, dans leur temps si je peux dire, c’étaitun héritage de valeurs sures et un cadeau du ciel bénit par le Bon Dieu.

« De mon temps, on pensait pas à s’en aller aux États. On montait dans les terres neuves, en plein bois debout, avec un cheval et une hache ; et au bout de deux ans,

il y avait de quoi pour toute la maisonnée. À c’t’heure, les jeunesses pensent pus qu’à s’en aller chez les Bostonais, pendant qu’il y a par icitte d’labelle et bonne terre à rien faire. » (Ringuet, 1938, p.103-104)

« Les Moisan, c’est des gens de la terre. La terre a toujours été assez bonne pour les Moisan, comme elle a toujours trouvé que du Moisan c’était assez bon pour elle. Et pis la terre, ça, ça manque jamais. » (Ringuet, 1938, p.123)

« Qu’est-ce qu’i’ a dit, Monseigneur ? I’ a dit que c’était nous autres, les habitants, qu’étaientles vrai Canayens, les vrais hommes. I’ a dit qu’un homme qu’aime la terre, c’est quasiment comme aimer le Bon Dieu qui l’a faite et qu’en prend soin quand les hommes le méritent… » (Ringuet, 1938, p.123)

Malgré l’évolution menaçante d’une ère nouvelle, dans le roman de Ringuet, le grand cultivateur ne se laissera abattre car, son cœur se souvient. Il se souvient d’une époque où les hommesétaient maîtres de leur terre, de leur vie, de leur liberté. Cela lui permettait d’affronter les changements de son milieu et ainsi atténuer le réel. D’affronter l’injustice d’une guerre sans pitié pour sa belle terre. Cela lui procurait une belle satisfaction de croire que jamais cela ne changera.

« Ce qui était agaçant pour lui comme pour les autres, c’était de ne plus pouvoir s’y retrouver...
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