Concept d'élasticité

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 21 (5218 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 avril 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Dans le contexte actuel de mondialisation et de concurrence, pour survivre, une entreprise doit s’adapter à plusieurs conditions. Elle doit s’adapter aux préférences des consommateurs, aux innovations tout en restant compétitive et rentable. Le problème se pose en particulier pour les prix avec le développement des industries asiatiques où les tarifs des biens défient toute concurrence sur lemarché européen.
Les économistes ont mis en place un concept permettant de mesurer la réaction des biens offerts et demandés aux variations de prix et de revenu: le concept d’élasticité. En économie, celui-ci correspond à la mesure de la sensibilité d'une variable par rapport aux évolutions d'une autre variable. L'élasticité est une notion moderne inspirée d’une idée déjà ancienne. L'idée généraled'élasticité est en chacun de nous, elle est observation courante dans le monde physique. Dès 1767, L’économiste Turgot constate que le mécanisme d'élasticité d'un ressort s'applique aussi au rendement de la terre en économie. Près d'un siècle plus tôt, Gregory King notait déjà un phénomène similaire. D’autre part, les Classiques séduits par l'idée de proportionnalité, négligèrent les phénomènesd'élasticité exceptée pour John Stuart Mill qui recourt, dans son analyse de l'échange international, à l'idée voisine d'extensibilité de la demande. Cette notion d’élasticité, mise en lumière par Cournot (1801-1877) mais attribuée aux néoclassiques Walras (1834-1910) et Marshall (1842-1924), varie selon ses déterminants et se définit toujours en fonction de ses derniers. L'élasticité prend alorsde l’ampleur.
Au-delà du cadre purement théorique, le concept d'élasticité trouve de nombreuses applications dans la vie courante, et par là même un intérêt certain. De plus, l'élasticité se situe au cœur des contentieux qui opposent classiques et néoclassiques, les premiers considérant à tort que "le prix des choses est en raison inverse des quantités offertes et en raison directe des quantitésdemandées" (A. Cournot).
A partir de l'élasticité découlent plusieurs termes, l’élasticité-prix, élasticité-revenu, l’élasticité de la demande, l’élasticité de l’offre, etc…
Si la définition de l’élasticité est commune, chacun sert, dans son domaine propre, à résoudre des problèmes particuliers. Ces élasticités peuvent renseigner le producteur sur la place qu’il occupe sur le marché: s'il esten concurrence, si ses biens sont substituables. L’analyse des élasticités peut également aider à déterminer comment positionner les différents marchés les uns par rapports aux autres (Monopole, Concurrence Pure et Parfaite, Concurrence Imparfaite,…). Et grâce à ces informations et à d’autres utilisations, le producteur peut prévoir l’impact d’une variation des prix ou des revenus, sur lesrecettes et ainsi anticiper sa stratégie pour être plus compétitif.
La question que nous pouvons nous poser ici est comment l’élasticité à-t-elle évoluée au cours du temps, à travers les différents penseurs. A quoi servent toutes ces notions d’élasticité, et comment les producteurs peuvent-ils les appliquer efficacement dans leurs firmes.
Nous verrons l’origine et la nature de l’élasticité au cours del’histoire de la pensée économique. Puis nous essayerons de définir ce large concept et déterminer ses utilisations.

I. Origine et Nature de l’élasticité

1. L’élasticité dans l’histoire de la pensée économique

La notion de proportionnalité, son caractère limité

Les phénomènes économiques sont liés entre eux par des rapports de causalité réciproque. Tout d'abord, la liaison la plussimple est l'égalité. Ensuite vient la relation proportionnel directe ou inverse.
D'une manière générale, la plupart des liaisons proportionnelles invoquées par des auteurs classiques ont été démenties par les évènements, qu'il s'agisse de la théorie quantitative de la monnaie ou de la loi des débouchés. Quant aux variations des prix en fonction des quantités demandées ou offertes, elle ne sont...