Concession

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 124 (30774 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Centre Jacques Berque (Rabat)

Rapport de recherche

La concession au privé de la gestion de l’eau potable et de l’assainissement liquide au Maroc ou La ville à l’épreuve de la bonne gouvernance

Béatrice Allain-El Mansouri Géographe

PRUD- Décembre 2003

2

« La concession au privé de la gestion de l’eau potable et de l’assainissement liquide au Maroc ou la Ville à l’épreuve de labonne gouvernance »
Béatrice Allain-El Mansouri Géographe

L’eau au Maroc se raréfie. L’appartenance du pays aux domaines arides et la croissance soutenue de la demande en eau concourent à expliquer l’insuffisance des ressources disponibles, elles-mêmes à l’origine de conflits liés à la concurrence entre utilisateurs différents, en particulier en période de sécheresse. En dépit de la politiquedes grands barrages, impulsée en 1967 qui avait pour principal objectif de réguler les variations inter-saisonnières, l’irrégularité interannuelle devient de plus en plus difficile à supporter, en particulier la succession d’années sèches, comme en 1980-1984 ou en 1990-1994. Pour les compenser, les eaux souterraines ont été sollicitées : les prélèvements les ont ainsi mis à rude épreuve. Sur 30milliards de m3 d’eaux renouvelables et 21 exploitables, les ressources superficielles actuellement mobilisées atteignent 11 milliards de m3 dont 9.2 milliards régularisés par les barrages En ce qui concerne les eaux souterraines, sur 4 milliards de m3 mobilisables, 2.6 sont déjà utilisés et plusieurs nappes souterraines connaissent une tendance à la baisse, du fait du sur-pompage. Mais à cesconsidérations géophysiques s’ajoute l’effet de la croissance démographique. Au lendemain de l’Indépendance, avec une population d’un peu plus de 11 millions dont 29.3% résidant en milieu urbain, l’abondance des ressources pouvait faire parler de « Eldorado du Maghreb », la situation actuelle est plus préoccupante. Au dernier recensement, c’est à une population de 26 Millions d’habitants qu’il fautassurer les besoins en eau potable dont 13.4 millions résident en ville. Ainsi la population urbanisée au Maroc représente la population totale que comptait le pays entre 1960 et 1971. La ressource en eau per capita a fortement diminué. Pour la seule dernière décennie, cette dotation est passée de 1200 à 950 m3/hab/an. D’ici 25 ans, elle ne sera plus que de 632 au moment même où la demande en eau totaleaura atteint les 21 milliards de m3 d’eaux mobilisables. Le Maroc est donc déjà à la limite du seuil de « stress hydriques », évalué à 950 m3/an/hab. il devrait atteindre le seuil de pénurie, 500 m3/hab/an vers 2030. Jusqu’à présent, la part des ressources consacrées à l’agriculture domine largement (86% en 1995). Mais en raison de l’urbanisation rapide, la part de l’alimentation en eau potabledes villes (14% en 1995) est appelée à croître beaucoup plus vite que l’irrigation. En 1994, 47.1% seulement des ménages à l’échelle nationale bénéficiaient de l’eau potable à domicile, mais ils n’étaient que 10.6% en milieu rural contre 85.6% en milieu urbain. Le caractère peu extensible de l’offre au moment où la demande s’accroît impose au Maroc d’impulser peu à peu de nouvelles approches danssa politique de l’eau. Dans le contexte de risque accru de pénurie, le problème majeur réside dans l’incapacité à satisfaire la demande en raison du coût de plus en plus lourd du

3 financement des infrastructures nouvelles pour équiper des sites de barragesréservoirs moins favorables, transférer l’eau sur de longues distances, remplacer les sites envasés, exploiter les aquifères les plusprofonds et réduire la pollution hydrique. Depuis le milieu des années 90, la gestion de la demande en eau est en pleine mutation et ce, à différentes échelles. L’exploitation minière de la ressource mise en œuvre depuis la colonisation et en train de céder la place à une approche fondée sur l’utilisation rationnelle de la ressource déjà mobilisée et la responsabilisation des usagers. Il s’agit donc...
tracking img