Confession

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  • Publié le : 4 juin 2010
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«Alors, sur ce monde en ruines, s’assit une jeunesse soucieuse» (I, 3). La Restauration a abandonné toute une génération aux affres de l’incertitude: un passé glorieux, un présent terne, un avenirobscur. La jeunesse ne peut s’investir dans des projets enthousiasmants. Frustrée, elle bute sur une société mondaine fermée, glacée de respectabilité, confite d’ennui et cachée sous le masque del’hypocrisie. La littérature n’offre que la «désespérance totale» ou, sous les influences anglaise et allemande, un «dégoût morne et silencieux». La vie étudiante s’épuise dans les plaisirs frelatés etl’agitation de la débauche reste le seul dérivatif pour ces enfants du siècle. Enfants, ils le sont doublement: par leur jeunesse et parce que l’époque les a engendrés. Quant au siècle, il vaut à la foiscomme moment historique, le XIXe, donc celui de la modernité, fils dégradé de la Révolution, et comme terrestre, matérialiste, bruissant des vanités et des intérêts humains, trop humains. Plus deperspective sociale ou politique, plus d’idéal, fût-il religieux: le siècle ne propose que sa stérilité.

Dans ce tableau sinistre, un drame sentimental se déroule, lié à une biographie intellectuelle etmorale, à la manière du Volupté de Sainte-Beuve. C’est là écrire selon une conception moderne de l’individu: la passion ne saurait être séparée de toutes les autres composantes de l’intériorité. Traiterd’un cœur particulier et non du «cœur humain» en général: cette constante mussétienne recherche l’expression spécifique d’une douleur unique.
D’où l’originalité de la Confession: le cas d’Octaveserait d’une affligeante banalité (être trompé à dix-neuf ans par une femme menteuse, la belle affaire!) s’il n’affectait toute son âme, dont la faiblesse et les manques sont attribués aux circonstanceshistoriques. Comme dans Rolla, il s’agit d’un drame de la foi. Ne pouvant renoncer à l’amour, seul salut, ni y croire, Octave se condamne donc à la souffrance et, bourreau malheureux, inflige...
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