Conscience descartes

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 17 (4005 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 25 novembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Explication de texte

|[pic] |
|DESCARTES |

[Introduction avec phrase d’accroche tirée de Platon]

« J'éprouve,déclarait Calliclès, à l'égard de ceux qui cultivent la philosophie un sentiment très voisin de celui que m'inspirent les gens qui balbutient et font les enfants » (Platon, Gorgias, 484c-485e). La critique de la philosophie est, comme on voit, fort ancienne, et aujourd'hui encore, la philosophie est suspectée d'être à la fois difficile, comme sont les sciences les plus abstraites, mais, de plus,parfaitement inutile. Tout juste pourrrait-elle servir à dégourdir un peu l'esprit des adolescents, à condition de ne pas leur faire prendre vraiment l'entreprise au sérieux : il y aurait, des choses bien plus importantes. Selon ce point de vue, la pensée, dont le philosophe prétend qu'elle est le domaine propre de son art, ne mériterait guère qu'on s'y applique : nos opinions, ces penséespersonnelles respectables, ne nous guident-elles pas bien assez dans cette vie ?

Pourtant, tout le monde convient qu'une vie réussie, aussi libre et heureuse qu'il est possible, conformément à notre humaine nature, nécessite une pensée réfléchie, claire et distincte. Sans réflexion en effet, nous savons bien que nous risquons de commettre des erreurs, dont certaines sont lourdes de conséquences, pournous comme pour tous les autres hommes. Or, nos opinions sont-elles vraiment réfléchies ? Sont-elles même seulement personnelles, comme on le croit si volontiers ? Et nous guident-elles efficacement, dans nos affaires privées comme dans les affaires de la cité ? Depuis Platon, la philosophie n'a eu de cesse de s'expliquer sur ce qu'elle est, surtout afin de justifier son utilité.

Ainsi, pourDescartes, « c'est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher ». Pour lui, en effet, avant d'être constituée par ce que les philosophes des temps passés ont pu penser et écrire, et qui fait l'objet d'une savante érudition, la philosophie est avant tout un acte, l'acte de philosopher, et cet acte vivant ne devrait jamais être délégué car il est lapensée même. En ce sens, la philosophie est utile, et même indispensable à tous les hommes, qui sont tous également doué de raison. Comment l'auteur procède-t-il pour repousser nos réticences et ainsi défendre la philosophie ?

[Indication du plan du texte]

Le texte, composé en forme de plaidoyer, affirme d'abord une thèse fondamentale, celle de l'utilité de la philosophie aussi bien pourl'individu que pour la communauté (jusqu'à la ligne 9). Cette thèse est ensuite argumentée (de la ligne 9 à la ligne 13) : d'abord en soulignant l'insuffisance d'une vie que la pensée n'éclairerait pas, puis en montrant, par contraste, en quoi nous pouvons tirer avantage de cette pratique. Enfin, dans un 3e temps (lignes 13 à 24), Descartes exhorte son lecteur à l'exercice du philosopher enamplifiant sa thèse : la philosophie est plus qu'utile, elle est nécessaire. Et puisqu'elle correspond à un besoin présent chez tous les hommes, elle ne convient pas seulement à quelques uns (« les philosophes »), mais à tous.

[Développement]

[Explication détaillée :]

[Partie 1 du développement]

La thèse est donc énoncée dès les premières lignes (l. 1-9) : la philosophie est utile, et la findu texte ira même jusqu'à la qualifier de nécessaire. Il s'agit donc d'un plaidoyer, dont l'affirmation fondamentale est que la philosophie "s'étend à tout ce que l'esprit humain peut savoir" (l. 1-2), ce qui en fait un foyer de recherche irremplaçable. Pourtant, l'auteur présuppose sans cesse que la philosophie est jugée abstraite, inutile et incertaine, — et on peut donc aussi le considérer...
tracking img