Constat

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  • Publié le : 22 avril 2010
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Constat
Je veux dépasser, elle veut dépasser, elle a dépassé, elle espère dépasser.
Je ne peux pas dépasser, elle ne peut pas dépasser, elle pense qu’elle a dépassé, elle veut changer.
Je ne veux pas dépasser, elle ne veut pas vouloir dépasser, elle n’a pas dépassé, elle espère le retrouver dans ses bras.
Il m’a enterré, il l’a assassinée, il l’a lâchée, coupée, il l’a tuée etenracinée.
Nous voulons, nous ne pouvons. Nous rêvons, nous nous ne réveillons.
Avec nos rêves nous mourrons, avec nos cauchemars nous nous éveillons : éveil potentiel au milieu d’une nuit sans étoiles, au milieu d’une nuit sans repères ni refuges. Un trou noir.
Crier, hurler dans ce trou ne résonne pas, sans écho plutôt chaos.
Le désordre range notre pensée. Le chaos de notre cervelle échappeau monde. Ils voient notre désordre, nous voyons leurs désagréments, leurs rages.
Nous entendons notre révolte intérieure mais nous ne la comprenons pas.
Idées éparpillées, orphelines. Gouvernement bipolaire : conscient et inconscient.
Fuir nos rêves, les abandonner, les trahir.
Nous aidons la providence à réaliser nos cauchemars.
Horloge inversée : nous avons peur de ce qui nousentoure, de ce qui est familier. Nous aspirons au noir, à un inconnu, à un changement.
Nous avons peur de tout : vieillir, mourir et même vivre.
L’instance de joie éphémère que nous vivons s’éclipse à jamais derrière nos larmes.
Nous nous souvenons que de nos souffrances. Nous oublions nos joies et bonheurs.
Ce que nous aimons peut nous tuer. Ce que nous détestons nous tient, debout telun cadavre, dans cette vie de bête, de trahison et corruption.
Derrières les plaisirs se cachent les maladies corporelles et mentales.
Que dois-je faire ? Abandonner mes plaisirs pour tenir à cette vie d’excrément ? Mourir et rendre soupir à cause de mes jouissances et désirs ?
L’acte charnel, entre deux individus, nous fait oublier nos maux. C’est une force extraordinaire.
Lèvres surlèvres, mains dans mains, corps pénètre corps. Nous assistons à une fusion rare et sincère loin de la parole et des mots futiles.
Se regarder résume tout. Nous parlons par nos yeux et gestes.
Dans une situation intime, les yeux et les gestes sont les moyens de communication, la langue simple composante du corps humain.
Sous l’effet de la substance charnelle, le masque s’évapore, tombe.Le mensonge quitte la scène.
Or dans une vie gouvernée par la providence, ce nid de sincérité devient source de malheurs et de maux.
Nous mourrons si nous sommes sincères.
Vouloir agir. Devoir agir ne pèsent rien devant l’attraction charnelle. Y ne pensera jamais à quitter « y », source de ses plaisirs et ses moments les plus sincères.
Conscient, devant lui une fresque exemplaire, ilsuccombera à la tentation de la chaire.
Sadisme divin. Tous les plaisirs sont soi mortels soi interdits au nom d’une loi morale. Je ne pourrais prendre décision.
Dieu et Satan encerclent, bouclent et piétinent nos pensées et actions.
Je suis sur un pont de cordes et de bois, troué, cassé et déficelé : ma vie.
En dessous de moi, mes pensées : fleuve de crocodiles.
Si j’avance, jepéris, je tombe, je meurs. Si je recule, je péris, je tombe, je meurs.
Je ne peux voir mon futur. Je ne peux revenir à mon passé. Je suis coincé dans mon présent. Si je saute, je serai engloutie, coupé en morceaux.
Incapable, figé, impuissant est mon état à présent.
Je cède à la tentation, je saute dans ce fleuve. Je nage entre les crocodiles sauvages et dociles. Tantôt je les bats, tantôt ilsm’engloutissent, m’étranglent puis me lâchent.
Aucune issue sauf le pont en cordes et bois.
Je veux aménager mon pont. J’aspire à le rebâtir en béton : solide et spectaculaire. En vain. Pas de moyens.
J’espère que tout le monde passe sur mon pont. Dés que vous y mettez les pieds, vous serez attachés et terrifiés. Un pont qui tremble, qui chavire. Un pont instable, inachevé à jamais....
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