Construire avec le peuple

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Hassan Fathy, un architecte égyptien (1900 - 1989) La terre et la tradition

Exposition du 4 décembre 2002 au 2 février 2003 Tous les jours sauf le lundi de 10 heures à 18 heures Salles d’expositions temporaires Entrée libre

Exposition organisée en partenariat avec l’ Université américaine du Caire, Rare Books and Special Collections Library et le Trust Aga Khan pour la Culture.

HassanFathy, février 1981 Ph. Christopher Little © Université américaine du Caire / Trust Aga Khan pour la Culture

Hassan Fathy, le maître de la terre.

On n’insistera jamais assez sur l’usage modernisé des "voûtes nubiennes" ainsi que sur les principes de ventilation transversale des bâtiments pour y assurer une climatisation naturelle, permanente et efficace, développés par l’architecte égyptienHassan Fathy. Ni sur cette rationalisation des méthodes d’édification traditionnelle, permettant de construire, sans coffrage et en terre crue, ces aériennes coupoles et ces voûtes dites nubiennes. A tel point qu’en 1981, Hassan Fathy fut sollicité par la communauté musulmane des Etats-Unis pour réaliser à Abiquiu, au cœur du Nouveau Mexique, un village avec sa mosquée et sa madrasa le tout enadobe dont l’édification coïncida avec une série de stages d’initiation aux techniques traditionnelles à usage des architectes américains. Paradoxe des paradoxes si l’on considère que le pays le plus développé au monde bénéficiait ce faisant d’une "assistance technique et culturelle" de la part d’un représentant du tiers monde…

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Et pourtant ! En 1930, Hassan Fathy a 29 ans. Né en Alexandrie,d’origine nubienne, fils d’une riche famille de propriétaires terriens, diplômé en architecture de l’Ecole Polytechnique de l’Université du Caire, il appartient de toutes les manières à l’élite cairote. Elégant, cultivé, s’exprimant parfaitement en arabe, en anglais et en français il a, selon J.P Peroncel-Hugoz ( le Monde du 5.12.1989 ) "la souplesse du cabri, la verve du pinson et l’imaginationd’un jeune homme", toutes qualités qu’il conservera jusqu’à sa mort en 1989. Dès le début des années 30, en Europe se met en place le Mouvement Moderne qui va essaimer ses idées dans le monde entier. Hassan Fathy aurait pu, compte tenu de ses origines et de sa culture, y adhérer. Tout au contraire, en artiste et en poête, il va s’ancrer dans ses propres traditions pour mieux les dépasser. Les maisonsclimatiques des mamelouks du Caire ottoman, ingénieusement ombrées et ventilées au moyen de halls sur deux étages, ainsi que les antiques méthodes de construction indigène encore

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pratiquées dans les zones rurales avec leurs arcs inclinés, leurs coupoles sur trompes, leur plan carré en spirale continue, seront ses principales sources d’inspiration. Il appliquera ses idées dès les années40 en construisant en terre la maison Hamed Saïd à Marg près du Caire (1942) et surtout le nouveau village de Gourna (1946-1947) qui, malgré un succès très mitigé, lui assura une renommée internationale. Puis vinrent l’école de Farès toujours en terre ; une maison à Sidi Kreir près d’Alexandrie, en sable aggloméré cette fois-ci ; la maison Fouad Riad près de Saqqara, et enfin, le nouveau village deBâriz dans une oasis près de Kharga en 1965. Sans oublier, bien sûr, le village de Dar al-Islam d’Abiquiu en 1980… L’œuvre de Hassan Fathy n’est évidemment pas, quantitativement, à la mesure de sa renommée. Dans sa maison médiévale au pied de la citadelle du Caire, plus tard en Italie où il s’était retiré et partout dans le monde à l’occasion de

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colloques et de conférences, nombreuxfurent ceux qui vinrent écouter sa parole, méditer sa pensée, subir son influence. Une philosophie qu’il expose au grand large dans son ouvrage le plus fameux : "Construire avec le peuple". Conscient que les modèles culturels et technologiques importés de l’Occident sont inopérants pour résoudre cette lancinante équation socioéconomique de la pauvreté ; l’alternative qu’il propose nécessite...
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