Contribution de ammar koroghli

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  • Publié le : 4 mai 2011
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Les cendres d’octobre 88 sont encore chaudes et vivaces dans notre mémoire collective. Les émeutes de janvier 2011 en sont-elles un remake ? Sommes-nous en présence d’un mouvement spontané, produit d’un ras-le-bol social, ou organisé et programmé par un clan du pouvoir en vue d’une succession qui s’annonce rude ? Ici quelques éléments de réponse puisés dans la vie politique algériennepost-indépendance, les maux qui rongent notre pays ayant des origines lointaines.
La démocratie, revendication substantielle, y apparaît comme une denrée rare, sinon résiduelle. Au-delà de nos doléances légitimes (cherté de la vie, mal-vie, chômage chronique des jeunes, flou en matière d’économie politique, gouvernance à vue…), force est d’observer l’absence de légitimité du pouvoir réel, les institutionsen place n’en étant que l’apparence.
Ainsi, après trois siècles de présence turque et près d’un siècle et demi de domination coloniale, l’Algérie contemporaine a pu se frayer un chemin dans le concert des nations. Ainsi, au commencement de la doctrine politique algérienne, la proclamation du premier novembre 1954 au terme de laquelle l’indépendance nationale est le préalable à toute entreprise.Les questions traitées lors du Congrès de la Soummam (1956) furent approfondies dans le programme de Tripoli (1962) qui énuméra quelques idées générales en vue d’une plate-forme d’action. Il fallut attendre le Congrès du FLN en Avril 1964 pour qu’une charte votée à Alger esquisse les contours d’une doctrine de développement de la société algérienne et trace des perspectives d’avenir.
Ainsi, pourle programme de Tripoli : « A la lutte pour l’indépendance nationale succèdera la révolution démocratique populaire », tout comme le combat idéologique doit succéder à la lutte armée. La charte d’Alger prévoyait une période de transition qui « implique la construction d’un Etat populaire qui exprime la volonté des masses de construire le socialisme ». Déjà le programme de Tripoli faisait de laréforme agraire et de l’industrialisation les deux tâches fondamentales sur lesquelles devrait reposer le développement de l’Algérie, conçu dans le cadre d’une collectivisation des grands moyens de production et d’une planification rationnelle.

Chartisme algérien et autogestion
Durant la présidence de Ben Bella, la charte d’Alger préconisa l’autogestion pour répondre au néo-colonialisme. Lestextes institutifs de celle-ci devaient donner les usines aux ouvriers et la terre aux paysans. Facteur de développement socialiste, elle exprimait « la volonté des couches laborieuses du pays à émerger sur la scène politico-économique et à se constituer en force dirigeante ». L’autogestion était considérée comme le cadre dans lequel devait se réaliser la démocratie. Sur le problème central de lapropriété, la charte d’Alger avait procédé à sa division entre « propriété exploiteuse » et « propriété non exploiteuse », la première devant être abolie alors que la seconde pouvait être préservée. A cet égard, la charte nationale de 1976 reprend le même critère pour la définition de la propriété.
S’agissant du parti, il est stipulé que le FLN ne doit être ni un parti de masses, ni un partid’élites, mais un parti d’avant-garde au sein duquel une démocratie interne doit être préservée. Les ouvriers, les paysans pauvres et les militants révolutionnaires conséquents sont la composante sociale du parti afin de confirmer dans les faits l’option socialiste du pays par la nationalisation du commerce extérieur, des banques et des transports. Pour ce faire, les cadres de l’Etat sont choisis en fonctionde leur valeur politique plutôt que de leur compétence technique. Quant à l’armée, elle doit être soumise au parti qui contrôle les milices populaires.
Le régime de Ben Bella et l’armée
Dès l’origine, la lutte armée a exigé la mise en place d’une organisation politico-militaire, le FLN-ALN, en sorte qu’au lendemain de l’indépendance, Ben Bella a pu dire que : “La reconversion de notre...
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