Convention theatrale

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  • Publié le : 3 décembre 2010
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DISSERTATION

Sujet

On a pu dire que le théâtre était parmi les genres littéraires, le plus conventionnel. Après avoir précisé quelles sont les conventions essentielles que le théâtre impose, vous chercherez les raisons pour lesquelles, selon vous, le spectateur se soumet volontiers à ces conventions et accepte sur scène les fantaisies les plus débridées qu’il refuserait dans la vie réelle.Ouvrages consultés :
Diderot, Paradoxe sur le comédien
P. Larthomas, Le langage dramatique PUF
M.C. Hubert, Le théâtre Armand Collin
M. Lioure, Lire le théâtre moderne Dunod
P. Brook, oublier le temps Seuil

Un genre conventionnel:1.Au dix-septième siècle, les auteurs reprennent les règles aristotéliciennes : ·la vraisemblance : « l’esprit n’est point ému de ce qu’il ne croit pas »précise Boileau dans son Art poétique (chant III).·La règle des vingt-quatre heures qui, en réduisant le temps écoulé entre les actes, permet au spectateur de croire au temps de la représentation·Le respect de la bienséance : éviter tout ce qui pourrait choquer le public.2. D’une façon générale, les conventions au théâtre sont :- le langage qui est inventé par l’auteur- le jeu du comédien qui feintl’émotion- le décor et les objets qui sont symboliques(voir texte de J. Anouilh, dans "Contexte")Nous sommes dans le monde des apparences malgré la présence réelle des acteurs. Ceux-ci jouent à être, à sentir, à paraître dans un décor stylisé, fabriqué. Ils s’expriment comme l’ont écrit les auteurs dramatiques.- Plaisir et intérêt du spectateur:1. Tout le théâtre hérité de la farce semble détaché descontraintes de la réalité. Monde de conventions, il n'a dès lors d'autre fin que d'être un divertissement.L'univers est purement esthétique et le spectateur apprécie le caractère festif de l'oeuvre. Ainsi, la comédie-ballet de Molière, "Le Malade imaginaire" se termine par un délire carnavalesque. La tragédie même n'enseigne parfois aucune morale contre la fatalité: le public y trouve le plaisir dela terreur et de la pitié.Quand le théâtre est sa propre fin, les spectateurs, en acceptant toutes les conventions, entrent dans un univers où ils peuvent s'émouvoir, pleurer et rire; dans un ailleurs poétique indépendant de tout jugement sur les moeurs.2. En incarnant les rêves d’un auteur, les comédiens rejoignent le spectateur qui cherche à se comprendre. En entrant dans la salle, c’est luiqu’il vient voir. Le réel alors surgit et peut prendre aussi la forme d’une interrogation collective sur l’époque contemporaine (l'hypocrisie dans "Dom Juan" et le fanatisme dans "Tartuffe", par exemple). 3. Au XXe siècle, les auteurs et metteurs en scène ont souvent choisi d’assumer le jeu théâtral comme illusion et en ont tiré des effets comiques, fantaisistes et déroutants (Ionesco)Le théâtre livreune vérité sur le monde et le "spectacle", dans un va-et-vient entre illusion et réalité, permet d'appréhender le monde avec plus de lucidité. « C’est joli la vie, mais cela n’a pas de forme. L’art a pour objet de lui en donner une précisément et de faire, par tous les artifices possibles - plus vrai que le vrai. » écrit Anouilh, dans « La répétition ou l’amour puni ». |
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En quoi lethéâtre est-il conventionnel ?

1) Historiquement, le théâtre a toujours connu des conventions
- Dès la Grèce antique, le théâtre apparaît comme un genre fortement codé.
Ex : les acteurs masqués portant des cothurnes + le plan des théâtres avec des espaces réservés pour le chœur, les acteurs, l’arrivée des dieux, etc.
- Au fil des siècles et selon les pays, les conventions se modifient mais ellescontinuent d’exister.
Ex : le théâtre classique français et la règle des trois unités (lieu, temps, action) + règle de bienséance. A l’époque, le théoricien Boileau présentait ces conventions comme une nécessité pour rendre le spectacle théâtral « vraisemblable ».

2) Ces conventions sont liées à la nature même du théâtre dont la finalité est la représentation
- Le fait de la...
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