Convictions religieuses

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 56 (13997 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 7 mai 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Convictions religieuses
Selon Alain Decaux[142], Victor Hugo, élevé par un père franc-maçon et une mère qui n'est jamais entrée dans une église se construit une foi profonde mais personnelle.
Victor Hugo n'a jamais été baptisé, a tenté l'expérience d'un confesseur mais finit sa vie en refusant l'oraison des églises. Il reproche à l'Église le carcan dans laquelle celle-ci enferme la foi. AlainDecaux cite[142], à ce sujet, cette phrase prononcée par Olympio: « Les dogmes et les pratiques sont des lunettes qui font voir l’étoile aux vues courtes. Moi je vois Dieu à l’œil nu ». Son anticléricalisme transparaît dans ses écrits comme Religions et religion[143], La fin de Satan, Dieu, Le pape, Torquemada, ainsi que dans son adhésion à des mouvements anticléricaux[144].
Victor Hugo restecependant profondément croyant, il croit en un Dieu souffrant et compatissant[145], en un Dieu force infinie créatrice de l'univers[142], et à l'immortalité de l'âme. La mort de Léopoldine provoque un regain dans sa quête de spiritualité[142] et lui inspire les Contemplations.
La quête spirituelle de Victor Hugo l'entraine à explorer d'autres voies que le catholicisme. Il lit le Coran[142],s'intéresse au druidisme, critique les religions orientales[146] et expérimente le spiritisme.
Victor Hugo se trouve en exil sur l'île de Jersey lorsque son amie Delphine de Girardin, qui se sait condamnée, l'initie en 1853 aux tables tournantes. Cette pratique issue du spiritualisme anglo-saxon, vise à tenter d'entrer en communication avec les morts. Hugo, pour qui les poètes sont également des voyants,est ouvert à ce genre de phénomènes. Ses expériences sont consignées dans Le Livre des tables. Durant deux ans, il interroge les tables, rencontre l'esprit de Léopoldine, mais aussi les esprits de Jésus, Caïn, Dante, Shakespeare ainsi que des entités telles la Mort, la Bouche d'Ombre, Le Drame ou la Critique. Il se forge ainsi une nouvelle religion dépassant le christianisme et englobant lamétempsycose[147].
Par la suite, Victor Hugo affiche ses convictions concernant la survie de l'âme en déclarant publiquement : Ceux que nous pleurons ne sont pas les absents, ce sont les invisibles[148] . Lors de l'enterrement de l'écrivain, cette phrase est inscrite sur une couronne de fleurs portée par une délégation de la Société Scientifique du Spiritisme qui considérait que Victor Hugo en avait étéun porte-parole[149].
142.↑ a, b, c, d et e Alain Decaux, Victor Hugo et Dieu [archive], Discours lors du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo.
143.↑ Lire par exemple Les quatre vents de l'esprit, XXVI, Les bonzes, 26 juillet 1874. [archive]
144.↑ En 1880, il est président d'honneur de l'union de propagande anticléricale (voir Lalouette Jacqueline. Dimensions anticléricales de laculture républicaine (1870-1914) [archive]. In: Histoire, économie et société. 1991, 10e année, n°1. Le concept de révolution. pp. 127-142.).
145.↑ Jacques Seebacher, Hugo et la quadrature des religions [archive], sur le site du Groupe Hugo [archive]
146.↑ Régis Poulet, Victor Hugo et la Renaissance orientale [archive], sur le site La Revue des Ressources [archive]
147.↑ Patrice Boivin,L'écriture des tables [archive] - Le Livre des tables de Victor Hugo: matériaux disponibles pour une édition critique, entre convictions et incertitudes, sur le site du Groupe Hugo [archive].
148.↑ Plus exactement , « Les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents. » discours sur la tombe d'Émilie de Putron, 19 janvier 1865(s:Actes et paroles/Pendant l’exil/1865)
149.↑Jacques Lantier, Le spiritisme, Grasset, 1971, chapitre : la mort de Victor Hugo ou bien La Revue Spirite, 1885, numéro
Le Pape
(Redirigé depuis Le Pape (Hugo))

Victor Hugo

Le Pape
1878

|Sommaire |
| [masquer] |
|Scène première ― Sommeil...
tracking img