Cooperation decentralisee

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  • Publié le : 15 novembre 2011
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LA COOPERATION DECENTRALISEE : UN ESPOIR POUR LES VILLES DU SUD ? LE CAS DU MAROC
Abdelghani ABOUHANI. Professeur à l’Institut National d’aménagement et d’urbanisme La politique d’aide aux pays en voie de développement n’est plus une exclusivité des Etats. Durant les trois dernières décennies, de nouveaux acteurs tels que les ONG, les associations professionnelles et surtout les collectivitéslocales, jouent un rôle de plus en plus important dans la coopération au développement. La notion de coopération décentralisée désigne ces nouveaux processus. Parce qu’elle prend appui sur les collectivités locales, la coopération décentralisée est souvent présentée comme l’instrument le plus approprié pour dynamiser les initiatives locales de développement. La coopération décentralisée, en tant quevecteur des valeurs de démocratie locale est considérée par les nouveaux spécialistes du développement comme un modèle alternatif moins formaliste sur le plan institutionnel, moins bureaucratique dans sa gestion et moins coûteux en terme budgétaire. Elle serait également plus efficace et plus souple, donc mieux adaptée aux besoins puisqu’elle se concentre sur des projets certes modestes maisconcret. Comparée aux initiatives étatiques ; la coopération décentralisée présenterait un autre avantage : celui de susciter, par le biais des collectivités locales, l’adhésion des populations, car les projets de développement initiés localement sont les seuls pour lesquels les habitants aient la possibilité d’exprimer concrètement leur solidarité. La coopération décentralisée a d’autres vertus :elle faciliterait l’accès à des zones géographiques que la coopération entre Etats ne permet pas d’atteindre. Elle mettrait en rapport des milieux économiques et des catégories sociales auxquelles les relations diplomatiques officielles n’ont toujours pas la possibilité de consacrer toute l’attention souhaitable et dont le rôle est cependant important sur le plan local. Ainsi, en élargissant le champde la coopération à de nouveaux acteurs porteurs de besoins réels, la coopération décentralisée est censée ouvrir de nouvelles perspectives à des actions ciblées mobilisant des ressources financières non négligeables. Néanmoins si la coopération décentralisée dans les pays du Nord est le résultat d’un ensemble de mutations institutionnelles qui ont conduit à un renforcement des pouvoirs locauxsans affaiblir les Etats, dans les pays du Sud la coopération décentralisée va se développer dans un contexte de décomposition des structures étatiques. Entamée sans encadrement institutionnel, la coopération décentralisée qui a suscité de grands espoirs, n’a finalement donné lieu qu’à des résultats limités sur le 1

terrain. C’est ce que montre l’examen du cas marocain. Les projets réalisés sesont révélés en réalité d’une portée bien modeste (1) et les limites structurelles de nos collectivités locales les empêchent de devenir des acteurs actifs du développement local.(2) 1. Des réalisations très modestes Au Maroc c’est à partir de 1976, date de la promulgation de la charte communale, qui a renforcé et élargi les pouvoirs des élus locaux, que les relations internationales des communesvont se développer et impliquer un nombre de plus en plus important de communes. Ce développement s’est fait dans deux directions : bilatéral par le développement des jumelages et multilatéral par l’adhésion des communes à des organisations non gouvernementales spécialisées et à des réseaux de villes. 1.1. La coopération bilatérale La coopération bilatérale pratiquée par les collectivités locales apris essentiellement la forme du jumelage. La philosophie du jumelage est bien connue : il consiste à promouvoir des échanges culturels et sportifs et à ouvrir des espaces de rencontres qui peuvent favoriser le terrain pour le développement de projets de coopération plus importants. La fièvre des jumelages s’est emparée des villes marocaines depuis 1976 et en moins de 20 ans plus de 100...
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