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Sujet 4
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Corpus
Gustave Flaubert, Madame Bovary, Ire partie, chapitre IV (1857). Émile Zola, L’Assommoir, chapitre III (1877). Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann, IIe partie (1913).
Texte A
Gustave Flaubert décrit ici une noce dans la campagne normande...
Les convives arrivèrent de bonne heure dans des voitures, carrioles à un cheval, chars à bancs àdeux roues, vieux cabriolets sans capote, tapissières à rideaux de cuir, et les jeunes gens des villages les plus voisins dans des charrettes où ils se tenaient debout, en rang, les mains appuyées sur les ridelles pour ne pas tomber, allant au trot et secoués dur. Il en vint de dix lieues loin1, de Goderville, de Normanville et de Cany. On avait invité tous les parents des deux familles, on s’étaitraccommodé avec les amis brouillés, on avait écrit à des connaissances perdues de vue depuis longtemps.
De temps à autre, on entendait des coups de fouet derrière la haie ; bientôt la barrière s’ouvrait : c’était une carriole qui entrait. Galopant jusqu’à la première marche du perron, elle s’y arrêtait court, et vidait son monde qui sortait par tous les côtés en se frottant les genoux et ens’étirant les bras. Les dames, en bonnet, avaient des robes à la façon de la ville, des chaînes de montre en or, des pèlerines à bouts croisés dans la ceinture, ou de petits fichus de couleur attachés dans le dos avec une épingle, et qui leur découvraient le cou par derrière. Les gamins, vêtus pareillement à leurs papas, semblaient incommodés par leurs habits neufs (beaucoup même étrennèrent ce jour-là lapremière paire de bottes de leur existence), et l’on voyait à côté d’eux, ne soufflant mot dans la robe blanche de sa première communion rallongée pour la circonstance, quelque grande fillette de quatorze ou seize ans, leur cousine ou leur sœur aînée sans doute, rougeaude, ahurie, les cheveux gras de pommade à la rose, et ayant bien peur de salir ses gants. Comme il n’y avait point assez devalets d’écurie pour dételer toutes les voitures, les messieurs retroussaient leurs manches et s’y mettaient eux-mêmes. Suivant leur position sociale différente, ils avaient des habits, des redingotes, des vestes, des habits- vestes : – bons habits, entourés de toute la considération d’une famille, et qui ne sortaient de l’armoire que pour les solennités ; redingotes à grandes basques flottant au vent,à collet cylindrique, à poches larges comme des sacs ; vestes de gros drap, qui accompagnaient ordinairement quelque casquette cerclée de cuivre à sa visière ; habits-vestes très courts, ayant dans le dos deux boutons rapprochés comme une paire d’yeux, et dont les pans semblaient avoir été coupés à même un seul bloc, par la hache du charpentier. Quelques-uns encore (mais ceux-là, bien sûr,devaient dîner au bas bout de la table) portaient des blouses de cérémonie, c’est-à-dire dont le col était rabattu sur les épaules, le dos froncé à petits plis et la taille attachée très bas par une ceinture cousue.
Et les chemises sur les poitrines bombaient comme des cuirasses ! Tout le monde était tondu à neuf, les oreilles s’écartaient des têtes, on était rasé de près ; quelques-uns même quis’étaient levés dès avant l’aube, n’ayant vu clair à se faire la barbe, avaient des balafres en diagonale sous le nez, ou, le long des mâchoires, des pelures d’épiderme larges comme des écus de trois francs, et qu’avait enflammées le grand air pendant la route, ce qui marbrait un peu de plaques roses toutes ces grosses faces blanches épanouies.
Direction générale de l’enseignement scolaire. Bureau desprogrammes d’enseignement. Annales « épreuve écrite anticipée de français ». Page 14
1. D’une distance de dix lieues.
Texte B
La blanchisseuse Gervaise Macquart vient de se marier avec Coupeau, un ouvrier zingueur. Les amis et les parents invités à la noce (un petit patron, des blanchisseuses, des concierges, des ouvriers, un forgeron...) décident d'aller visiter le musée du Louvre à...
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