Corpus : victor hugo, joachim du bellay, guillaume apollinaire et claude roy

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  • Publié le : 13 avril 2011
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Texte 1
Le recueil des Contemplations publié en 1856 est composé de deux parties. La seconde, « Aujourd'hui », rassemble les poèmes écrits par Victor Hugo après la mort de sa fille Léopoldine, le 4 septembre 1843.
«  Oh ! je fus comme fou dans le premier moment,
Hélas ! et je pleurai trois jours amèrement.
Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance,
Pères, mères, dont l'âme a souffertma souffrance,
Tout ce que j'éprouvais, l'avez-vous éprouvé ?
Je voulais me briser le front sur le pavé !
Puis je me révoltais, et par moments, terrible,
Je fixais mes regards sur cette chose horrible,
Et je n'y croyais pas, et je m'écriais : Non !
– Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom
Qui font que dans le cœur le désespoir se lève ? –
Il me semblait que tout n'était qu'unaffreux rêve,
Qu'elle ne pouvait pas m'avoir ainsi quitté,
Que je l'entendais rire dans la chambre à côté,
Que c'était impossible enfin qu'elle fût morte,
Et que j'allais la voir entrer par cette porte !
Oh ! que de fois j'ai dit : silence ! elle a parlé !
Tenez ! voici le bruit de sa main sur la clé !
Attendez ! elle vient ! laissez-moi, que j'écoute !
Car elle est quelque part dans lamaison sans doute ! Jersey, Marine Terrace, 4 september 1852. »
Hugo, Les Contemplations, 1856, Aujourd'hui 7, IV, 4

Texte 2
«  Ô combien est heureux, qui n'est contraint de feindre
Ce que la vérité le contraint de penser,
Et à qui le respect d'un qu'on n'ose offenser(1),
Ne peut la liberté de sa plume contraindre ! Las pourquoi de ce nœud sens-je la mienne étreindre,
Quand mes justesregrets je cuide(2) commencer ?
Et pourquoi ne se peut mon âme dispenser(3)
De ne sentir son mal, ou de s'en pouvoir plaindre ? On me donne la gêne, et si(4) n'ose crier,
On me voit tourmenter(5), et si n'ose prier
Qu'on ait pitié de moi. Ô peine trop sujette ! Il n'est feu si ardent, qu'un feu qui est enclos,
Il n'est si fâcheux mal, qu'un mal qui tient à l'os,
Et n'est si grand' douleur, qu'unedouleur muette.  »
Joachim Du Bellay, Les Regrets, 1558, XLVIII

Texte 3
Engagé volontaire pendant la première guerre mondiale, Apollinaire est affecté à Nîmes et entretient une correspondance avec Louise de Coligny qu'il a rencontrée en 1914. Une partie de ces lettres seront publiées en 1947 sous le titre Ombres de mon amour, puis en 1959 sous le titre Poèmes à Lou.
Faction
«  Je pense àtoi ma Lou pendant la faction
J'ai ton regard là-haut en clignements d'étoiles
Tout le ciel c'est ton corps chère conception
De mon désir majeur qu'attisent les rafales
Autour de ce soldat en méditation Amour vous ne savez ce que c'est que l'absence
Et vous ne savez pas que l'on s'en sent mourir
Chaque heure infiniment augmente la souffrance
Et quand le jour finit on commence à souffrirEt quand la nuit revient la peine recommence J'espère dans le Souvenir ô mon Amour
Il rajeunit il embellit lorsqu'il s'efface
Vous vieillirez Amour vous vieillirez un jour
Le Souvenir au loin sonne du cor de chasse
Ô lente lente nuit ô mon fusil si lourd Dans une lettre datée de Nîmes, le 25 mars 1915. »
Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou, 1959

Texte 4
Opéré d'un cancer du poumon enjuillet 1982, l'auteur s'adresse à sa femme en se rappelant les moments heureux qui ont précédé la découverte de sa maladie.
Claude Roy (1915-1997), À la lisière du temps (1984). |
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Annexe
« Qu'est-ce que les Contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'avait quelque prétention, les Mémoires d'une âme. Ce sont, en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutesles réalités, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenus et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée sombre. C'est l'existence humaine sortant de l'énigme du berceau et aboutissant à l'énigme du cercueil ; c'est un esprit qui marche de lueur en lueur, en laissant derrière lui la jeunesse, l'amour, l'illusion, le combat, le...
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