Correction texte pascal

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  • Publié le : 4 janvier 2010
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En effet, compris sous le rapport de sa pensée, l’homme n’aura « point davantage en possédant des terres », c'est-à-dire que son être ne sera pas grandi par ses conquêtes matérielles. L’avoir ne fait pas l’être, notamment quand cet être est défini par la pensée. La pensée et la matière sont incommensurables, posséder ne peut donc pas apporter quelque chose à un être pensant. Il y a unedisproportion infinie entre les biens matériels et les biens de l’esprit, posséder ne peut augmenter notre être. On devine en présupposé de cela que Pascal vise l’idée commune de la puissance d’un homme liée à ce qu’il possède, à, ses biens terrestres. Il y a là une critique impliquée par ce que dit l’auteur : les hommes, en possédant et en se divertissant de la pensée, ne réalisent pas leur être, ils s’endétournent au contraire.
La matière est bien plutôt ce qui nous dessert, elle révèle notre faiblesse, notre fragilité, le « rien » de ce que nous sommes. En effet, « par l’espace l’univers me comprend et m’engloutit comme un point ». Par sa puissance, la nature, la matière me rappelle la petitesse de mon être, sa condition de poussière qui retournera à la poussière. Pris entre l’infinimentgrand et l’infiniment petit, l’homme n’est rien, il se croit centre du monde, mais à l’échelle de l’univers, il n’est asymptotiquement rien (c'est-à-dire qu’il est presque néant). L’univers dans son infinité nous remet à notre place : quoique nous possédions, quoique nous fassions dans cette vie terrestre, nous sommes ramenés à notre néant matériel, nous ne comptons pas. Pour autant, l’homme commepensée comprend l’univers tout entier. En effet, par la pensée, l’homme contemple l’univers, il est le reflet de tout ce qui est, plus il est la conscience du monde, sans homme pas de monde, c’est par l’homme que la matière devient connue. Comme l’univers le comprend, c'est-à-dire le tient, l’homme tient l’univers à distance de lui-même, il le pense dans son infinité, il se le représente. L’hommecomprend ainsi l’univers au sens où sa conscience tient l’univers entier dans son esprit, mais aussi au sens où l’homme peut connaitre la nature, comprendre son fonctionnement. Si l’homme ne peut rien face à l’univers, s’il est dépendant de la matière, par la pensée il transcende la matière, c'est-à-dire qu’il dépasse celle-ci car il possède une qualité incommensurable à la matière : la pensée.Cette première partie du texte pose donc la dignité de l’homme dans la pensée en comparant l’homme à l’univers et en en dégageant la qualité propre à l’homme qu’aucun autre être, si puissant soit-il, possède.
Pascal formule alors ce qui n’a que l’apparence d’un paradoxe : « c’est donc être misérable que de se connaitre misérable, mais c’est être grand que de connaitre qu’on est misérable ». Cen’est pas un paradoxe, parce qu’effectivement avoir conscience de sa misère ne supprime pas la misère. En effet, se savoir mortel n’empêche pas de mourir, se savoir imparfait n’empêche pas de faire du mal à autrui. La conscience ne supprime pas l’état de misère, elle peut même l’exacerber, au sens où avoir conscience de soi, c’est savoir qu’on est mortel, imparfait, sujet à toutes sortes de maux etpossible acteur de maux divers. La culpabilité est cette douleur de la conscience de sa misère morale, par exemple. L’angoisse est cette douleur de la conscience face à l’incertitude de la vie. Pour autant, sa connaitre misérable, avoir conscience de soi en tant qu’être misérable, c’est être grand, au sens où la conscience de soi définit la grandeur de l’homme qui dépasse tous les êtres qui n’ontpas d’accès à ce savoir de soi et restent ignorants de ce qu’ils sont et du destin qui est le leur.
Après ce paradoxe formel, Pascal l’incarne dans une expression figurée frappante : l’homme est comme un roseau pensant, à la fois d’une fragilité infinie et d’une force surnaturelle (au-dessus de la nature) par la pensée. La fragilité de l’homme se montre dans la force de la nature qui peut...
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