Corruption en haiti

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Gusti Klara Gaillard - Pourchet

LA CORRUPTION EN HAÏTI
Esquisse historique
1804 - 2004

Programme des Nations Unies pour le Développement
Esquisse historique 1804-2004
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Les analyses présentées dans cet ouvrage engagent uniquement l’auteure.

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La corruption en Haïti

Aux honnêtes gens d’Haïti…

Esquisse historique 1804-2004

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La corruption en Haïti SOMMAIRE
Introduction I. La corruption, pieuvre et sangsue
A. Fonds baptismaux et tentacules B. Des veines ouvertes …

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II. Choix des élites et pratiques internationales
A. Le paysan, premier otage… B. Déni de droits… C. L’ État prédateur D. Ordre financier international

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III. De la transparence: revendications et chapes
A. Des « Piquets » aux « Ti Kominote Legliz» B. Écrans de fumée

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33 35

IV. Détournements de fonds, démocratie et développement
A. Une gouvernance alternative ? B. Nécessité de penser nation et démocratie

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41 44

Pour ne pas conclure…
Chronologie indicative Documentation Index matières Table des matièr es

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59 63 69 73

Esquisse historique 1804-2004

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La corruption en Haïti

INTRODUCTION
En 1804, lalutte d’hommes et de femmes, nés pour une large part dans la lointaine Afrique, aboutit à la création d’Haïti, nouvel État aux frontières, certes fragiles, héritées du colonialisme. Les bâtisseurs de 1804 ont à relever, entre autres défis, celui de mettre en branle la construction d’un État-nation. Deux siècles après (durée relativement brève), notre société a toujours ce même défi à relever ainsique son corollaire premier, la démocratisation. La fragilité initiale, et sans cesse accrue, du jeune État constitue une des explications-clés de cet échec. Et le bacille de la corruption, aujourd’hui véritable gangrène (pourtant non inéluctable), participe à accroître la faiblesse structurelle de l’État et le mépris des aspirations démocratiques essentielles. Si la malhonnêteté n’est pas (encore?) généralisée, des détournements de deniers publics, des faux en écriture publique, des enrichissements illicites, des commissions sur les marchés de l’État, des ingérences dans les affaires d’entreprises… sont à la fin du 20e siècle, régulièrement dénoncées, sous le manteau le plus souvent et, parfois, par de courageux membres de la presse. Pour preuve, il y a moins de vingt ans, le puissantmouvement social qui débouche sur la chute de la dictature des Duvalier, revendique entre autres la fin de la dilapidation des fonds publics et un État au service des citoyens. La Constitution de 1987, vite bafouée elle aussi, tient compte de cette lame de fond. Et, à partir du « retour à l’ordre constitutionnel » (avec en 1994, la reprise du pouvoir par le Président Aristide, exilé en 1991 àl’issue d’un coup d’état militaire), les exigences dominantes relèvent du même registre avec cependant en sus des revendications à caractère plus social1, en particulier celle de l’accès aux services sociaux de base. Autrement dit, la question des obligations de l’État est, pour la énième fois, posée. Avec, cette fois, des indicateurs économiques qui ont définitivement tourné au rouge. Deux sièclesdurant, notre État est régulièrement défaillant et de plus en plus dépendant de l’aide internationale, devenue véritable oxygène budgétaire. A l’aube de notre troisième siècle d’histoire nationale, deux interrogations majeures sont à soulever. Pourquoi la corruption de la gouvernance a-t-elle autant proliféré ? Et quels sont les impacts de ce traditionnel détournement de fonds publics? Mais unepréoccupation transversale doit accompagner ces deux grands questionnements, celle des combats bi-séculaires, eux aussi, menés contre la corruption.

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Rapport National sur le Développement Humain 2002, PNUD, p.103. 7

Esquisse historique 1804-2004

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La corruption en Haïti

I. LA CORRUPTION, PIEUVRE ET SANGSUE

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La corruption en Haïti...
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