Coucou

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  • Publié le : 24 novembre 2010
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Sujet : Firmes transnationales et croissance des nations
Corrigé
 
            « Ce qui est bon pour General Motors est bon pour les États-Unis et réciproquement ». E.C. Wilson, affirmait ainsi, dans les années 1960, la convergence des intérêts des nations et des firmes considérées comme des « champions nationaux ». Depuis, l’internationalisation croissante des firmes les a conduit à élaborerdes stratégies qui en font des acteurs clé de la mondialisation. Ce qui est bon pour les firmes transnationales reste-t-il bon pour les nations ?
            Une firme transnationale (FTN), ou multinationale (FMN), contrôle au moins une filiale dans un pays étranger. Sur cette base, la CNUCED identifiait en 2000 plus de 60 000 sociétés mères, contrôlant prés de 700 000 filiales.W. Andreff souligne cependant que le caractère transnational de la firme repose également sur sa gestion et sa stratégie : la firme « globale » répond à un marché globalisé et s’émancipe ainsi de l’espace et du contrôle national. La nation ne doit pas se réduire à un simple territoire délimité par des frontières politiques ; elle désigne une « communauté » qui exprime une volonté, notamment des objectifs depolitique économique et sociale. On peut donc s’interroger sur les relations qui s’établissent entre les firmes transnationales et la croissance des nations.  
            Les relations entre FTN et croissance sont réciproques. En effet, les FTN, notamment à travers les investissements directs à l’étranger (IDE), peuvent influencer la croissance des pays d’origine et d’accueil (I). Réciproquement, lacroissance passée et future des nations influence la stratégie des firmes (II). La relation entre firmes transnationales et croissance des nations s’avère cependant conditionnelle et sélective (III).
 
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            Les firmes combinent les facteurs de production pour produire les biens et services vendus sur le marché. Elles sont donc susceptibles d’influencer la croissance, « augmentationde la capacité d’offrir une diversité croissante de biens et services » (S. Kuznets). Les firmes transnationales agissent différemment sur le pays d’origine (A) et d’accueil (B) des IDE.
            Les effets des IDE sortants sur la croissance du pays d’origine sont ambigus.  Les IDE sortants sont destructeurs. Ils nuisent à l’emploi avec les délocalisations qui entraînent le renoncement àcertaines activités de production sur le territoire national, par exemple dans les industries textiles ou la sidérurgie. Selon les rapports Arthuis et Vimont, environ cinq millions d’emplois étaient ainsi menacés en France au début des années 1990. Les IDE correspondent ensuite à une sortie de capitaux, ce qui signifie que l’investissement national est inférieur à l’épargne nationale (I<S). Cettefuite de capitaux est synonyme de contraction de la demande interne et donc de sous-emploi ; elle peut à terme entraîner un vieillissement de l’appareil productif. Enfin les délocalisations suscitent des importations de biens et services qui peuvent déséquilibrer la balance des transactions courantes ; le gouvernement devrait alors mener des politiques d’austérité (ou de stop), qui réduisent ledéficit mais contraignent la croissance. Cependant ces effets négatifs peuvent être compensés par des créations de trafic. Les IDE sortants ouvrent des débouchés aux firmes exportatrices de biens de production et de services aux entreprises ; les filiales de la maison mère restent en effet dépendantes de celle-ci sur le plan technologique et commercial. Les délocalisations permettent également unespécialisation plus avantageuse de l’économie nationale. L’abandon des activités peu rentables et le développement d’activités incorporant les facteurs détenus par le territoire d’origine, crée un gain d’efficience : la hausse de la productivité permet celle des revenus, de la consommation et finalement favorise la croissance, selon une logique ricardienne. Les nouvelles théories du commerce...
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