Coup de poignard

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  • Publié le : 15 décembre 2010
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Je m’appelle Jean-Marc Dupont. J’ai trente-quatre ans. Je suis chef de service du laboratoire de biologie de la reproduction à l’hôpital Jean-Verdier. Je suis marié, j’ai une famille et je mène une vie tranquille jusqu’à ce jour, quand la sérénité n’a plus de séjour dans ma tête bouleversée et mon imagination énervée. Ça remonte à trois mois auparavant quand Antoine Blanc a fait son apparition,un ami que je n’ai pas vu depuis longtemps. C’était un copain d’enfance et on a passé ensemble un pan de jouvence entre les études et la turbulence. C’était une grande satisfaction avant le moment de séparation, lorsque la destinée a voulu nous évincer et chacun de nous deux a choisi un métier. Je suis devenu biologiste alors qu’il a préféré être styliste, plongé dans l’art de la mode, et d’unendroit à un autre il rôde, créant des vêtements beaux comme l’émeraude. Son épouse est extraordinaire, comme dans son physique que dans son caractère. Elle est institutrice à l’école et dans l’éducation des petits elle joue bien son rôle. Le beau couple a un bambin qui s’appelle Julien. Il est un adonis, et sur sa tête se dresse une nuit lui couvrant le front jusqu’aux sourcils. Ses cheveux épatantsfont de lui un descendant divergent de ses géniteurs qui étaient les deux blonds. Le gosse jouit d’une affection parentale qui ne dissimule point la complaisance conjugale. Il a une inclination un peu plus pour sa maman parce qu’elle est là tout le temps alors que son papa voyage souvent par obligation d’affaire et ne lui comble pas par la présence et la bienveillance du père. Mais, il a vite faitd’oublier ce coup de fouet quand Antoine rentre à domicile avec un tas de jouets. Dans la sérénité s’élève Julien, dorloté et bien entouré. Quoiqu’il jouisse d’une douce vie, un certain manque affectif l’asphyxie. Une langueur le secoue et un chagrin, parce qu’il n’a pas un frangin, à qui raconter les histoires et animer la maison et ses couloirs. Un frère ou une sœur, c’est le rêve le pluséminent, devenant ainsi la demande que le garçon réclame tous les temps. Il croit qu’un frère s’achète comme une marchandise et ne croit à ce que les autres disent. Il veut que ses parents achètent un chérubin car il est déjà privé des voisins. La maman ne veut pas que son enfant fréquente les lutins de la rue, sources des mauvaises habitudes et des ennuis, et noyer par conséquent dans les flots de ladiscourtoisie. Selon ses opinions, il est nécessaire de l’isoler du monde jusqu’à sa maturation. Avoir un autre descendant, c’était déjà le rêve du père, depuis un temps, pour que sa vie prospère. Le couple essaye d’avoir un enfant, mais sans aboutissement. L’humiliation accapare monsieur Blanc qui n’a tiré que des déboires. Mais, il continue à croire. Les idées hargnes ont tournoyé dans sa têtecomme une foudre dévastatrice bouleversant ainsi sa quiétude et l’amenant jusqu’à mon service. La retrouvaille a eu lieu et son souci a affadi ma joie de son arrivée. Le gynécologue déclare que le couple souffre d’une infécondité secondaire qui les paralyse. Pour cette raison, il a demandé les tests et les analyses. Il ignore si cette incapacité provient de la mère ou du papa et il veut trancher etécarter l’incertitude et l’aléa. Après un interrogatoire prolongé, l’enquête détaillée n’a pas atterri sur une seule idée. Le médecin a pensé que l’étiologie la plus plausible de cette stérilité inintelligible était un dérèglement hormonal profond du à l’emploi surabondant de la pilule de contraception. Il a insisté quand-même à soumettre les deux parents à l’analyse et les aider à se débarrasserdéfinitivement de la hantise. Ils viennent me voir avec une liste des tests médicaux et la consternation ne dissimule guère leurs maux. J’ai essayé de rassurer mon ami en lui expliquant que tout problème est résolu avec la technologie et le perfectionnement de la thérapie. Même en cas d’échec de la médication, l’adoption demeure une solution. Il m’a confié sur un ton peiné son amour pour sa...
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