Cour

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 9 (2108 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 24 novembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
CHAPITRE I : L’ordre marchand (ou l’hégémonie de l’économie sur les relations internationales)
La très forte croissance économique qu'a connue le monde occidental au lendemain de la Seconde guerre mondiale et le fait que ce dernier se soit reconstruit autour des Etats-Unis, à la fois première puissance militaire, navale et économique, cultivant une idéologie marchande, ne pouvaient qu'influencerla pensée sur les relations internationales. Celle-ci s'est donc concentrée, pendant de longues années, et sous leur influence, sur ce qui devait être le premier objet, et en même temps la première mouture de l’économie politique internationale (EPI), à savoir la notion de régime.
Pourquoi et comment la coopération internationale s'organise-t-elle ? Pourquoi Le pouvoir étatique régule-t-il lesrelations de marche grâce aux régimes et comment les forces économiques contraignent l'action politique ? Ce qui, au passage, laisse à penser que « l'économie politique est aussi une discipline construite à dessein ». C'est ainsi que consécutivement à l’observation du fonctionnement des institutions internationales créées à partir de 1944, émerge dans la littérature internationaliste américaine lathéorie des régimes. Elle entend montrer, écrit Gérard Kebabdjian, « qu’une fois fixé, un système de principes, de règles et de normes commun à un ensemble de pays et susceptible de «stabiliser » les relations internationales, il est possible de faire confiance aux forces du marché et aux instances nationales pour internaliser ces contraintes nouvelles». Pour cet économiste français, malgré lesvariables explicatives des différentes écoles en présence, « un régime international est donc un réseau d'appartenance collective qui se matérialise, pour les acteurs privés, par des contraintes et des repères communs, pour les Etats, par l'acceptation commune d'un ensemble de limitations de souveraineté ».
Mais pour autant que cette définition puisse faire l'unanimité, la théorie des régimes quirelève de toute évidence de I' économie internationale, c'est a dire de l'économie des échanges entre les différentes unîtes nationales qui composent l'économie mondiale, devient obsolète quand la globalisation, avec ses réseaux d'entreprises qui débordent les frontières, avec ses interconnexions technologiques qui transforment les circuits de production, de distribution et de circulation desrichesses, implique une déréglementation complète. C'est tellement vrai que les régimes internationaux qui géraient la coopération économique sont au plus mal. Ils ont été démantelés, à l'instar du régime de Bretton Woods, mis à mal par la « démonetarisation du dollar» (l'abandon de sa convertibilité), ou passablement réduits dans leurs rôles d'arbitres par la libéralisation extrême de l'économiemondiale exigée par la puissance économique américaine.
Après les avoir promus, dans un premier temps, mais désireuse ensuite de s'ouvrir à l'ensemble des marches et de faire tomber tous les obstacles, elle a fait du libre-échange tous azimuts l'arme privilégiée de sa stratégique économique et sécuritaire. Unilatérale en vérité, celle-ci repose sur l'idée qu'il faut « négocier un ensemble d'accordscommerciaux qui se renforcent les uns les autres du fait que les succès obtenus dans l'un puissent se transformer en progrès ailleurs. En opérant sur plusieurs fronts à la fois, cela nous permet de créer une libéralisation compétitive à l'intérieur d'un réseau dont les Etats-Unis occuperaient le centre »2.
Cependant, Le nouveau paradigme de l'économie mondiale (tel qu'il aurait été fixé par LeConsensus de Washington), transnationaliste par constitution, et selon lequel l'harmonie des intérêts des peuples et des Etats est supposée être atteinte à travers la concurrence (à charge pour l'EPI de le valider ou non) n'est pas dénué de contradictions. C'est que l'ordre marchand total qui donne alors la prépondérance au privé sur Le public, à l'extrême sur l'interne, et qui réduit à une peau de...
tracking img