Courbet et le realisme

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  • Publié le : 4 avril 2010
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Saint Guinefort
[pic]
Dans la représentation positive du chien, la fidélité constitue la qualité la plus anciennement et universellement attestée. Comme dans la fameuse histoire au Moyen Âge de Tristan et Iseut, où le chien de Tristan, Husdent malgré sa fidélité se fait presque tuer par son maître, ce dernier ayant peur que les aboiements de son chien ne révèlent sa cachette, l’histoire desaint Guinefort constitue également une histoire d’une fidélité mal récompensée.
En effet, l’histoire de saint Guinefort, basée sur des faits réels, est le récit d’un chien qui a eu le malheur, dans l’exercice de ses devoirs et donc dans sa fidélité, d’être tué par son propre maître ! Saint Guinefort, en fait un lévrier[pic], après avoir protégé l’enfant de son maître couché dans un berceau del’attaque d’un grand serpent, se fait tuer par son maître, le chevalier de Villars. Le chien avait eu auparavant le temps de tuer le serpent et donc de protéger efficacement le bébé, mais sa propre gueule, sa tête et une partie du berceau inondés de sang de la part du serpent, laissèrent croire qu’il avait attaqué l’enfant ! La nourrice entrant dans la pièce de l’enfant « dormant doucement »[pic] esthorrifiée croyant que l’enfant est mort et criant, fait accourir le maître qui dans la précipitation sans réfléchir, voyant le berceau tacheté de sang et croyant l’enfant attaqué par son chien, dégaine son épée et abat le chien sans aucune autre forme de procès !
Plus tard, en découvrant la vérité et sa tragique méprise, le chevalier est pris de remords et enterre son chien près du château. Il plantemême des arbres près de son tombeau ! « Par la volonté divine (comme punition ?), le château fut détruit et la terre, ramenée à l’état de désert, abandonnée par l’habitant »[pic] .
C’est alors, quelques siècles plus tard, qu’intervient le dominicain -Domini canes (!)- Etienne de Bourbon qui en tant qu’inquisiteur relate et reconstruit toute l’histoire pour extirper définitivement le culte et lepèlerinage qui s’étaient créés autour du tombeau de Guinefort. En effet, « les paysans, entendant parler de la noble conduite du chien et dire comment il avait été tué, quoique innocent et pour une chose dont il dut attendre du bien, visitèrent le lieu, honorèrent le chien tel un martyr ». Le lieu d’ensevelissement de l’animal « martyr » était devenu un lieu de pèlerinage pour sauver les enfantsmalades.
Plutôt que les paysans s’étaient surtout les femmes qui ayant des enfants faibles et malades demandaient son intercession céleste ! Au lieu présumé du tombeau du « saint lévrier » étaient apportés des langes de bébés, des chaussons ou des petits souliers en guise d’ex-voto, des pièces de monnaie, des clous et on y exposait même pendant un court laps de temps des enfants nus.
SaintGuinefort est donc devenu d’après le rapport de l’enquête menée par Etienne de Bourbon, ce dernier ne pouvant en aucun cas toléré ce culte qu’il juge comme supersticieux, un saint très vénéré dans la région française du Rhône-Alpes et des Dombes. Malgré les actions enregistrées par l’inquisiteur au cours du XIII°s.,« nous (=Etienne de Bourbon) avons fait exhumer le chien mort et couper le bois sacré, etnous avons fait brûler celui-ci avec les ossements du chien. Et j’ai fait prendre par les seigneurs de la terre un édit prévoyant la saisie et le rachat des biens de ceux qui afflueraient désormais en ce lieu pour une telle raison »
L’historien français Schmitt a encore retrouvé au milieu du XX°s. des traces du culte et du pèlerinage [pic] et a pu démontrer que le « saint lévrier » était encorebien vénéré même après sa condamnation par l’Eglise catholique ! Gageons que la protection du saint lévrier n’était pas si inefficace et inutile, mais de là à dire qu’elle était voulue ou autorisée par Dieu…!
Étienne de Bourbon : (1190-1261) Étienne de Bourbon entre très jeune dans l’Ordre des dominicains après avoir fait ses études à Maçon puis à Paris. Il se livre très tôt à la prédication...
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