Cours de philo

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  • Publié le : 3 avril 2011
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Cours : la vérité
Repère conceptuel
Objectif / Subjectif
Ce couple concerne la valeur de nos idées, de nos représentations ou de notre connaissance. Est objectif ce qui est vrai, universel, indépendant du sujet connaissant. Les sciences prétendent à l’objectivité (le terme d’objectivité est pour les scientifiques synonyme de vérité). Est subjectif ce qui est relatif au sujet, particulier(exemple : le jugement « le son du violon est agréable » est subjectif).

Définition, problématisation.
La notion de vérité semble être d’emblée marquée par une tension entre son unicité et la diversité de ses visages. C’est qu’il existe manifestement, non seulement diverses sortes d’accès à la vérité (la raison, les sens, l’intuition…), mais aussi diverses sortes d’énoncés vrais. Une vérité de fait(« il pleut ») diffère d’une vérité conventionnelle, telle que peut l’être une vérité mathématique comme « 7 + 5 = 12 ». Dans chaque cas, la vérité peut être comprise comme conformité d’un énoncé à un réel donné dans le premier cas, conformité d’un énoncé à ses propres lois formelles et construites dans le second. La même alternative se retrouve lorsque l’on creuse la première hypothèse : même laperception, qui constate la vérité comme réalité, n’est peut-être pas que donnée, mais aussi pour partie construite.
Question : La vérité est-elle quelque chose de donné ou de construit ?

La notion de vérité est également marquée par son unicité. Autant l’expression « les croyances » ne choquerait personne, chacun admettant aisément la pluralité et la diversité des croyances, autant enrevanche la notion de vérité s’accommode mal du pluriel et du relativisme : si chacun a sa vérité, il n’y a plus de vérité du tout. La notion de vérité ne paraît en effet avoir de sens que dans la mesure où elle est unique et universelle. Or ce sens se heurte à une double menace, à deux périls : celui des changements du réel et celui de l’arbitraire des conventions formelles. Si je dis « il pleut », cene sera pas toujours vrai, et si je dis « 5 + 7 = 12 », le résultat peut être différent en cas de changement de base arithmétique. Comment concilier l’idéal d’unicité stable de la vérité avec les changements de ce qui se donne pour vrai ?
Question : N’y a-t-il de vrai que ce qui est stable et fixe, ou bien y a-t-il aussi une vérité du mouvant et du changeant ?

1. Comment distinguer le vrai dufaux ?
a) L’insuffisance du constat.

Pour garantir la distinction du vrai du faux, nous avons besoin d’un critère. Quels sont les critères de vérité possibles ?
En son sens le plus courant, la vérité s’offre à nous comme réalité. Le critère le plus simple qui s’offre à la recherche de cette vérité est d’ordre empirique : c’est le constat. La présence de ce terme dans le vocabulaire desassureurs ou des huissiers nous indique qu’il s’agit, dans le constat, d’établir des faits. Constater, c’est établir un fait par le témoignage de nos sens. Pour vérifier qu’il fait beau, je n’ai qu’à sortir la tête par la fenêtre et regarder le ciel. Mais même si en apparence le constat établit un fait, il n’est pas si facile de s’entendre sur un constat, comme le montre le problème du constatd’assurance. La bonne foi du témoin, ou la fiabilité des sens constituent des problèmes immédiats. L’opinion reprend volontiers à son compte la maxime de saint Thomas qui voulait voir pour croire. Mais on n’en a jamais fini de vérifier les données des sens (saint Thomas le premier a non seulement voulu voir pour croire, mais ensuite toucher pour croire ce qu’il voyait) : les sens doivent se garantir les unsdes autres.

Mais il y a plus : beaucoup de vérités qui nous intéressent ne sont pas susceptibles d’être vérifiées empiriquement. Où en serait l’astronomie si on ne connaissait que ce qui est directement perceptible ? Et la psychologie ? Il est donc manifeste qu’en réduisant la gamme des vérités possibles à la gamme de ce qui peut être perçu, on limite d’avance la connaissance à ce qui nous...
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