Cours econimie

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  • Publié le : 27 mars 2011
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II - Idéal démocratique et inégalités.
Il s’agit ici de traiter des relations entre inégalités et justice sociale. Nous avons vu qu'il y a encore beaucoup d'inégalités dans la société moderne, ce qui pose la question de leur justification : au nom de quoi tolère-t-on des inégalités ? Pour comprendre ce problème, nous allons d'abord étudier ce qu'on appelle l'idéal égalitaire, c'est-à-dire laconception de l'égalité qui prévaut dans nos sociétés démocratiques, ce vers quoi on tend - sans forcément l'atteindre d'ailleurs (A). Nous verrons alors que l'égalité et la justice peuvent être deux choses différentes, et que l'on peut parfois accepter des inégalités parce qu'elles sont plus justes que l'égalité (B).

A) L'idéal égalitaire
Pourquoi parler "d'idéal égalitaire" ? D'abord parce quel'égalité n'est jamais pleinement atteinte dans la réalité. Ensuite parce que, malgré tout, elle reste une valeur très partagée, un "idéal" qu'il faut atteindre. Mais, si l'égalité n'est jamais accomplie, pourquoi reste-t-elle un objectif ? Et si elle est si communément partagée comme valeur, pourquoi reste-t-elle si difficile à réaliser ? C'est cette contradiction apparente que nous allonsmaintenant essayer de comprendre.

- Les sociétés démocratiques reposent toujours sur l'idée d'égalité parce qu'un ordre social ne peut être accepté que s'il repose sur une certaine égalité entre les individus

Vous avez sans doute l'habitude d'associer la démocratie à la liberté, notamment la liberté de parole, d'opinion, et la liberté de vote. Or, vous avez sûrement remarqué que, depuis le débutde cette section, nous associons systématiquement la démocratie à l'égalité. Pourquoi ?

* D'abord parce que la démocratie est elle-même un principe d'égalité. En effet, la règle démocratique de base (un homme = une voix) est une règle égalitaire, qui dit que, dans le processus de la décision publique, chacun dispose du même pouvoir, du même poids. Les avis individuels se valent et c'estseulement quand une majorité de personnes partage la même opinion qu'ils peuvent la faire prévaloir.
* Ensuite, parce que le principe égalitaire de la démocratie devient forcément une norme politique. Quel succès aurait dans une société démocratique une doctrine politique qui accepterait l'inégalité au profit d'une élite ? Comment rassembler une majorité sur un programme politique qui nepromettrait pas au plus grand nombre l'accès à un certain bien-être ? Ainsi la démocratie est en quelque sorte "obligée" de produire de l'idéal égalitaire - même si la définition de celui-ci peut varier.

- Mais il y a plusieurs façons de définir l'égalité : égalité des droits, égalité des chances, égalité des situations

A égalité donc, mais égalité de quoi ? Il est tout à fait nécessaire de poser laquestion. En effet, on va voir qu'il y a plusieurs façons de concevoir l'égalité, et que ces différentes conceptions ne sont pas toujours compatibles. Bien plus, l'égalité dans un domaine entraîne souvent l'inégalité dans un autre : ainsi, le principe "à travail égal, salaire égal" est un principe égalitaire bien accepté dans nos sociétés, mais qui débouche sur des inégalités, puisqu'il conduit àce que les salaires soient inégaux quand le travail n'est pas le même. Alors de quelle égalité parle-t-on ?

* La première égalité est l'égalité des droits, c'est-à-dire l'égalité devant la loi. Elle consiste à garantir à chacun le même ensemble de droits, ce qui est légalement possible pour un doit l'être également pour tous les autres. Les sociétés démocratiques sont nées de l'aspirationà cette forme d'égalité : la Révolution Française a mis fin aux privilèges de la noblesse et à l'hérédité des positions. On passe d'une société d'ordres à une société démocratique dans laquelle tous les individus sont assurés de bénéficier des mêmes droits (même si, rappelons-le, les femmes françaises n'ont obtenu l'égalité des droits politiques qu'en 1946 !).
* La deuxième forme d'égalité...
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