Cours general sur les regrets de du bellay

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Cours général sur les Regrets
Composition du recueil :
Les pièces préliminaires :

Ad lectorem, en latin ;

A Monsieur d'Avanson, 108 vers ;

A son livre, sonnet imité des Tristes d'Ovide.

Sonnet 1 à 5 : art poétique

Sonnets 6 à 49 : l'élégie.

6-14 : élégie pure ;

15 : apparition de la satire (description de son "travail" de ménager)

16-48 : élégie pure (thème du"malheureux voyage" : 24-26 ; image d'Ulysse : 31, 32, 40)

49 : élégie et satire : apparition du personnage de Caraffa, neveu haï de Paul IV.

sonnets 50 à 150 : la satire

50-127 : la vie à Rome, les principaux événements de la période (trêve de Vaucelles, sonnets 123-127), les personnages : Marcel II (109), Jules III (73, 80, 81, 83, 85-86, 104, 105, 106, 118), Paul IV (110, 111, 113,114, 120) et son neveu Carlo Caraffa (63, 64, 71, 73, 103, 112) ; les courtisans, les prostituées, le carnaval...

128-138 : le retour en France, via Venise, les Grisons, la Suisse et Genève, Lyon et enfin Paris

139-146 : la cour de France, et comment un poète doit s'y comporter ;

Sonnets encomiastiques : 150-191

150-173 : hommages à différents poètes, et autres personnages

174-190: hommage à Marguerite de France, fille de François Ier et sœur d'Henri II

191 : Adresse au Roi Henri II.

La Rome des Regrets : élégie et satire
Les poèmes élégiaques : création d'un "je" imaginaire
Les poèmes les plus célèbres de Du Bellay, et qui figurent dans les anthologies, sont les poèmes élégiaques ; ils dessinent une histoire : un exil plus ou moins contraint, la terribledéception de ne plus trouver "Rome en Rome", une tâche écrasante et ennuyeuse, au milieu d'une cour papale violente et dépravée ; la douleur de l'éloignement, de la privation d'amis ; le regret de sa terre natale (sonnet 31), la difficulté permanente d'écrire au sein d'un tel milieu (sonnet 6) ... et puis les déceptions du retour : la cour de France, égoïste et ingrate, et les problèmes personnels... Toutcela dessine un autoportrait un peu geignard, d'un être bon, triste, facilement victimisé.

Toutefois, il faut se garder de toute identification hasardeuse : s'il y a évidemment une dimension autobiographique dans les Regrets – ne serait-ce que dans la longue liste des noms propres et des dédicataires, tous bien réels – nous ne sommes pas à l'époque Romantique. Le "Dubellay" qui se portraitisedans les Regrets doit au moins autant au poète des Tristes et aux élégiaques latins et grecs qu'au juriste ultra-compétent, au diplomate adroit et actif que ses contemporains ont effectivement connu.

Un exemple précis : "A son livre", imité des Tristes d'Ovide. (1ère élégie) : les premiers vers sont une transcription (en particulier le "nec te inuideo") ; mais alors que le poète latin usaitd'un ton humble, Du Bellay annonce ici la férocité de la satire, plus proche en cela d'Horace (Satires II). Un tel poème était de tradition en ouverture d'un recueil : cf. les Amours de Ronsard en 1552. En outre, il constitue une "mise en abyme" du recueil tout entier. Voir aussi plus bas, imitation et poésie personnelle.

Le lien avec la satire, qui appartient au "style bas" dans la typologiehéritée de la rhétorique ancienne, tient en ceci : l'exil, les circonstances, et surtout l'éloignement du Roi, et de Marguerite, qui seuls pouvaient inspirer le poète et le conduire vers la seule grande poésie qui vaille, la poésie de célébration, le conduisent à renoncer au "style élevé" : louange et connaissance de la Nature, et de Dieu : cf. sonnets 1 à 8. Il ne lui reste donc que la satire, la"Muse pédestre" selon l'expression d'Horace, mi-prose, mi poésie. Il faudra le retour en France, et la présence retrouvée de Marguerite, pour que Du Bellay puisse à nouveau s'exprimer en langage noble : et ce seront les sonnets encomiastiques, finale flamboyant du recueil.

La satire : exemple des Caraffa
La satire est un genre très codifié, depuis les latins Horace, Perse, Juvénal ; et c'est...
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