Cours shakespeare macbeth

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  • Publié le : 25 novembre 2010
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Cours n°2 Shakespeare : Les figures du Mal surnaturel

Au théâtre, les scènes représentent les actions des hommes. Le théâtre repose sur des rapports de force. Pour bien parler d’une scène ou d’un acte, il faut montrer comment les affrontements entre personnages modifient la situation dramatique.
Shakespeare ne pense pas le Mal en théorie. Il n’y a aucune tirade sur le Mal en tant que concept.On se demandera plutôt ce qui, dans la pièce, représente le malin (les figures surnaturelles du maléfice, l’épouse tentatrice), mais surtout la transgression. Quelles sont les lois morales que Macbeth viole ?
a. Sorcières et surnaturel (I,1 ; I,3 ; III,5 ; IV,1)
Les trois Sœurs funestes ou fatales :
* Trinité inversée : détournement du symbole chrétien (Père, Fils, Saint-Esprit) deperfection
* Les trois Parques, déesses de la Destinée humaine, qui filent la vie des hommes avant d’y mettre fin.
* Furies (en grec les Erinyes), déesses de la vengeance qui poursuivent leurs victimes jusqu’à la folie
* Maléfiques, elles incarnent la tentation diabolique pour Macbeth en lui promettant qu’il sera roi : serpent tentateur de la Genèse qui invite Eve à tenter Adam et à mangerle fruit de la connaissance du Bien et du Mal.
* Imaginaire démonologique médiéval (Ecosse mythifiée, épaisse forêt de Birnam, noire, emplie de fantômes/légende du Roi Arthur et la forêt de Brocéliande)/ cf traités de magie à l’époque avec un pic de procès en sorcellerie entre 1580 et 1620, mouvement de persécution chrétienne, appelée la « chasse aux sorcières). Ces sorcières sont typiquesde cet imaginaire, laides et barbues, hommes et femmes, transgressant la frontière des sexes «  Vous pourriez être femmes/Vos barbes cependant m’empêchent d’interpréter/que vous l’êtes. » (I, 3, p.45). Elles jettent des sorts, font des potions magiques dans un chaudron et utilisent un bestiaire maléfique (IV, 1 : crapaud, serpents…). Elles invoquent les éléments (vents, tempêtes, marées,« tonnerre, éclairs ou pluies »I, 1 ce qui leur accorde un pouvoir sur les éléments cosmiques.
* Présence d’Hécate, déesse de la lune, de la mort, et des sorcières à l’acte III, 5. Elle qualifie Macbeth de « fils capricieux, méchant, colérique, qui-comme le font tant d’autres-aime pour ses fins à lui, non pas pour vous. »(III,5) Elle lui reproche son infidélité (comme dans le monde matériel où Macbethest infidèle à son suzerain), d’être indigne de la prédiction (Macbeth n’a pas la valeur nécessaire pour endosser le pouvoir), et de trahir le cadeau qu’on lui fait (même ingratitude qu’envers Duncan qui lui offrit titres et pouvoir).
Macbeth transgresse le le devoir d’obéissance sur les deux plans surnaturel et temporel
Hécate livre alors une prédiction trompeuse, qui punira Macbeth de sonpéché d’orgueil, car il se croira sûr et invincible : «  Il méprisera le destin, il dédaignera la mort et il portera ses espoirs par-delà sagesse, grâce et crainte : et toutes vous savez combien sécurité est pour les mortels le pire danger. »(III,5) .Les vertus ( sagesse, crainte, grâce, c’est-à-dire prudence) sont celles d’un bon roi que Macbeth ne veut pas être. Le sortilège n’en est pas un : il estle révélateur des actions condamnables de Macbeth, la tentation dans laquelle s’engouffrent toutes les potentialités mauvaises de sa nature.
Personne ne voit les Sœurs excepté Banco (qui s’en méfie) et Macbeth. Seul Macbeth croit en son invincibilité (« sécurité ») dans l’orgueil le plus fou qui lui ferait considérer qu’il est au-dessus des autres hommes et qu’il n’a pas besoin de courage ou devolonté pour que le succès lui arrive. A l’acte I, sc 3, il se dit à lui-même : « Si me veut roi Fortune/sans que je bouge peut me couronner Fortune. » Cet orgueil et cette forme de lâcheté face à l’action renvoient aux problèmes du héros face à son destin dans la tragédie grecque.
b.L’oracle
- Les trois sœurs renouent avec l’oracle de la tragédie antique. Que fait l’homme confronté à la...
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