Cours d'histoire

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  • Publié le : 19 mai 2011
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Pendant longtemps, les historiens de l'art ont opposé un art roman, produit d'une société soumise à un Dieu effrayant, et un art gothique empreint d'un optimismetriomphant d'une société glorifiant le Créateur. On identifiait simplement le style roman à la forme de ses arcs, à son élévation modeste et à sa voûte en berceau ; or denombreux édifices de l'époque romane adoptent très tôt la croisée d'ogives. L’observation attentive des bâtiments dément la thèse de la rupture : au xiie siècle, eneffet, pendant la phase expérimentale du gothique, des éléments romans subsistent dans les nouvelles cathédrales ; au sud de l'Europe, il existe bel et bien unecontinuité du roman au xiiie siècle : la cathédrale d'Albi présente une silhouette très massive et peu de vitraux alors que les cathédrales du nord connaissent l'élan gothique; Colette Deremble évoque plutôt une « mutation du roman en gothique »2. En Angleterre, l'art roman n'arrive qu'au xiiie siècle et persistera jusqu'au xve dans l'estde l'Europe. D'autre part, les premiers édifices gothiques apparurent vers les années 1130-1150 en Île-de-France. C'est pourquoi ce style est appelé par sescontemporains en latin francigenum opus ou « art d'origine française », « art français ». Le mot « gothique » fut utilisé à la période romantique pour nommer cette architecturea posteriori, dans une acception péjorative. L'art gothique était l'art des Goths, autrement dit des « barbares » qui auraient oublié les techniques et les canonsromains. Un certain nombre d'historiens de l'art réfutent aujourd'hui ce jugement et montrent que l'architecture gothique n'est pas en rupture avec l'architecture romane.
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