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CORPS HANDICAP ET SOCIETE
Tronc commun Maîtrise STAPS 1999/2000
A. Marcellini

Cette thématique « Corps, handicap et société » sera abordée au travers d’une lecture sociologique du corps, d’une lecture sociologique du handicap, et d’une tentative de lecture sociologique du corps handicapé.
Nos réflexions s’enrichiront d’approches psychologiques, psycho-sociologiques, ethnologiques etanthropologiques centrées sur le corps et le handicap, afin d’appréhender de manière complexe les questions sous-jacentes à cette problématique :

- Quelle est la place du corps dans les sociétés modernes ?
- Comment peut-on comprendre le corps d’un point de vue sociologique ?
- Pourquoi le handicap est-il fondamentalement lié à la question du corps ?
- En quoi les activitéscorporelles sont-elles des espaces d’étude et de compréhension des réalités sociales et des réalités du handicap ?

Handicap et gestion sociale du corps et des différences corporelles : montrer comment le handicap s’enracine toujours dans le corps et paradoxalement comment le corps peut servir dans la remise en cause des catégories du handicap, des assignations, des stigmatisations.



Plan ducours :

I) Généralités


1- Histoire de la sociologie du corps
2- Modèles théoriques du corps

II) Corps, handicap et société


1- Handicap et société
2- Corps et différences corporelles
3- Mise en forme du corps et contrainte sociale

III) Handicap et société : la question de la gestion de l’altérité radicale


1- Croyances et représentations autour descorporéïtés étrangères : la figure fondamentale du handicap
2- Discrimination, ségrégation et enfermement.
3- Politique d’intégration et utopie de l’assimilation
4- La recherche du même corps comme quête d’identité
5- La diabolisation du communautarisme : l’image du ghetto et la terreur de l’intégrisme.

I) Généralités


1) - Histoire de la sociologie du corps

Dès les premiersmoments des sciences sociales (courant du 19ème siècle), la question de la corporéïté est présente dans les travaux scientifiques, même si c’est, au départ de façon implicite.

LEBRETON David (1992). La sociologie du corps. Paris, PUF.

Lebreton (1992) distingue trois étapes qui correspondent à trois façons différentes d’appréhender le corps dans le champ sociologique :

- Une sociologieimplicite du corps : courant du 19ème siècle :

De nombreux travaux renvoient à l’analyse des conditions de vie des ouvriers et à la réalité physique de l’ouvrier : on aborde les questions de l’apparence corporelle, de la santé, de l’alimentation, du logement, de l’alcool, de la sexualité pour dresser le tableau des conditions d’existence des couches laborieuses.
A travers ces travaux émerge ledégagement d’une pensée uniquement biologique sur le corps, et l’orientation vers une pensée du corps comme façonné par le social.
Le corps est donc déjà appréhendé ici comme un fait de culture et non plus comme un fait de nature.
L’objectif de ces travaux n’est pas de conceptualiser ou de penser le corps en soi, mais de montrer l’urgence d’un changement dans le fonctionnement social : lasociologie marxiste en fait partie. C’est pourquoi on peut l’intituler « sociologie implicite du corps ».

Dans une autre perspective, beaucoup plus naturaliste cette fois, émergent des travaux prenant le corps comme objet d’étude et de mesure, celui-ci étant considéré comme déterminant de la condition sociale du sujet. On va chercher à classer, identifier, différencier les corps pour expliquer lesdifférences sociales, de races, d’intelligence, de compétence, de criminalité : anthropométrie, céphalométrie (intelligence) etc. La corporéïté devient pièce à conviction, un signalement à partir duquel on peut connaître le sujet qui l’incarne.
L’anthropométrie entretiendra de nombreuses relation avec la criminologie au travers du projet d’identification et de fichage des individus.
La...
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