Criminologie des populations marginalisees

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  • Publié le : 15 mai 2011
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CRIMINOLOGIE DES POPULATIONS MARGINALISEES

• Historique du cours :

Dans les années ‘70, ce cours s'appelait « Psychologie des populations déviantes ». On se trouvait alors dans la période des Golden Sixties (bien-être social en hausse, meilleure sécurité sociale, etc.) et on pensait pouvoir éradiquer la pauvreté. Or, Charles DEBUYST, le professeur de ce cours, a fait à cette période untravail sur les bidonvilles autour de Paris et il a constaté que, contrairement à ce qu'on croyait, on trouve dans la société des poches de pauvreté qui n'arrivent pas à s'intégrer. De plus, ce sont ces populations-là qui entrent le plus souvent en contact avec la justice pénale.

C'est sur ces constatations que sera base le cours de Psychologie des populations déviantes dont le but est d'étudier lapsychologie des populations déviantes comme si c'est cette caractéristique qui explique leur non-intégration.

Il y a 10-15 ans, l'intitulé du cours a été modifié en « Criminologie des populations marginalisées » et ce pour 2 raisons. Premièrement, l'intitulé du cours détermine de quel faculté il dépend (ici, l'Ecole de Criminologie). Deuxièmement, on parlera plutôt de « populationsmarginalisées » au lieu de « populations déviantes » car cette dernière appellation sous-entend que c'est la population elle-même qui est déviante, alors que « populations marginalisées » implique que c'est la société qui marginalise, qui exclut.

Le but du cours est de nous introduire à la complexité de la problématique de la pauvreté et de l’exclusion. Nous envisageront les différentes facettes duproblème pour que, lorsque nous entreront en contact avec des personnes marginalisées, criminalisées dans notre vie professionnelle, nous ne réduisions pas notre regard. Le cours part d'une vision pluridisciplinaire, transdisciplinaire et développe tout un parcours historique de la société. Nous verrons également quelques notions d'économie (pauvreté, seuil de pauvreté,…) et une dimension pluspyscho-sociale ou interactionniste (construction de la perception des autres, interactions,…). Nous aborderons également une dimension plus psychologique avec le problème de la honte. Le dernier thème étudié sera celui de la criminalisation des populations marginalisées (rapports justice-pauvreté, marginalisation, emprisonnement, drogue, immigration,…).

• Examen :

L'examen est oral et consiste en uneprésentation, un exposé de 7-8 minutes d'un thème qui est lié à l'enseignement, choisi au départ d'une expérience personnelle, d'une expérience de stage, issu de lectures faites, etc. Le but est de développer une question en utilisant des éléments du cours ou du porte-feuille de lecture.

• Support du cours :

- Cours magistral
- Porte-feuille de lecture à photocopier Place des Wallons et àlire avant l'examen
- Témoignages d'intervenants et vidéos au cours

PREMIERE PARTIE DU COURS :
LA PAUVRETE

A) Définitions de la pauvreté :

1. Vidéo de Patrick JEAN : Les enfants du Borinage

Il s'agit d'un film d'images et d'interviews de personnes qui habitent dans un petit village du Borinage. L'objectif est de réfléchir à partir de là (au prochain cours) à une définition qu'onpourrait donner de la pauvreté.

Voici les différents éléments qui ressortent de la vidéo en ce qui concerne la pauvreté :
• ségrégation pauvres/riches  manque de lumière, taudis, toits à découvert,…
• silence, honte (par rapport à la caméra et aux connaissances)
• sentiment d’indignité
• fatalisme des pauvres et des politiques
• « retard mental » dû à un manque de stimulation, lié à unedifférence social, « hérédité »
• politiques : « Il n’y a plus de pauvres en Belgique, seulement des assistés. », c’est un peu leur faute, ce n’est pas la société qui est en cause
• mécanismes d’exclusion, de ségrégation

2. Le passage de l’Etat-providence à l’Etat néo-libéral :

Depuis les années ’60-’70-’80, on est passé d’un Etat-providence à un Etat social actif. Dans un Etat-providence,...
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