Crise 1929

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  • Publié le : 25 août 2010
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Krach de 1929, l’inévitable comparaison

La crise des années 30 n’a jamais été autant évoquée. Des historiens et des économistes acceptent l’analogie, mais relèvent des différences dans la gestion de la crise actuelle

«Il doit y avoir une stricte supervision des banques, des crédits et investissements ; il doit être mis un terme à la spéculation avec l’argent des autres. » Ainsi s’exprimaitnon pas un dirigeant actuel, mais Franklin Roosevelt le 4 mars 1933, après sa victoire contre le républicain sortant, Herbert Hoover. « Nous avions des banques en mauvais état », poursuivit le nouveau président démocrate américain lors de sa première « conversation au coin du feu » : « Certains de nos banquiers se sont montrés soit incompétents soit malhonnêtes dans l’emploi des fonds des gens.Ils ont utilisé l’argent qui leur avait été confié à la spéculation et dans des prêts déraisonnables. »

Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite. Il n’empêche : la crise actuelle fait repasser le film de 1929 et des années suivantes. Au-delà des multiples déclarations politiques s’y référant et de leur terrifiante puissance évocatrice, leparallèle sans cesse tracé est-il économiquement correct ? D’abord, un bref rappel des faits.

Dans l’Amérique florissante des années 20, on boursicote dans tous les milieux sociaux et à travers le pays, jusque dans le Minnesota ou l’Arizona. En 1927-1928, les actions des entreprises sont souvent achetées à crédit, confiant dans leur hausse spectaculaire qui reflète le boom industriel, laconsommation de masse et les larges exportations du moment. « Pour financer ces achats à crédit, les courtiers empruntent aux banques des sommes considérables », rappelle le spécialiste d’histoire économique Pierre Bezbakh. L’heure est à l’optimisme, qui tourne bientôt à l’euphorie.

La fin de la bulle spéculative marque le début du krach boursier
« Des banques comme la First National City Bank,deuxième des États-Unis, prêtent plus aux courtiers qu’elles n’octroient des crédits pour des investissements industriels. Et les actions achetées se cantonnent dans des secteurs traditionnels, non porteurs », relève l’historien Michel Dumoulin, de l’Université catholique de Louvain, signalant en même temps « un fort boom immobilier, notamment en Floride ». « Des villes balnéaires et des ensemblesd’immeubles et de villas poussent comme des champignons. On emprunte à plus de 100 % de la valeur estimée du bien pour les acquérir. Les prêts sont accordés à des taux très bas », poursuit-il. En résumé, on n’investit plus dans les secteurs d’avenir, on spécule. Du coup, faute de capitaux disponibles, en 1929 la production industrielle commence à marquer le pas.

Ce qui devait arriver finit par seproduire. Les cours des actions augmentent plus vite que les profits des entreprises. Les plus avisés prennent conscience que leurs titres deviennent surévalués par rapport à la situation réelle de l’économie et se décident à les vendre. La fin de la bulle spéculative marque le début du krach boursier. Le 24 octobre 1929 à Wall Street, 13 millions de titres sont vendus : c’est le « jeudi noir ».

Lelundi suivant, l’indice des principales actions de la Bourse de New York (Dow Jones) chute de 13 %, et le lendemain, encore de 12 % (« mardi noir »). Suivent, comme on sait, une crise du système bancaire, une raréfaction des crédits, des faillites d’entreprises en cascade et l’explosion du chômage. Le krach boursier n’en est pas la cause mais la sonnette d’alarme, en révélant à l’opinion lesdéséquilibres structurels de l’économie américaine.

L’Europe s’est d’abord crue « découplée » de la crise américaine
C’est en observant le même soudain revirement « d’une économie de l’euphorie à une économie de panique » que Jacques Attali a dressé une première comparaison avec la crise de 1929 dès décembre dernier dans Le Journal du dimanche. Et la recherche de sortie de crise renvoie...
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