Crise au royaume uni

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  • Publié le : 7 avril 2011
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Quelles sont les réactions du royaume uni face à la crise
I) Le constat de la crise
1) Un bilan de la crise au Royaume-Uni.

Longtemps, le Royaume-Uni s’est réjoui de voir ses entreprises rachetées par des étrangers. C’est le signe, affirmaient les dirigeants du pays, qu’elles sont « appétissantes ». Il semble qu’aujourd’hui, du moins du côté des travaillistes, quelque chose soit en train dechanger. Peter Mandelson, membre du Parti travailliste britannique se demande si, à long terme, l’industrie britannique ne sera pas perdante.
Aujourd’hui il n’y a plus d’industrie automobile britannique. L’opérateur aéroportuaire BAA est espagnol, la compagnie de distribution d’eau Thames Water est allemande, et le groupe d’énergie nucléaire British Energy est français.
Par ailleurs, avec larécession, les investissements étrangers en Grande-Bretagne ont reculé, plus que dans aucun autre pays développé. Beaucoup de raisons peuvent êtres invoquées pour expliquer ce phénomène. Mais il en est une plus particulièrement qui renvoie au fait que l’économie britannique ne s’appartient plus tout à fait.

Le PIB du Royaume-Uni est désormais inférieur à celui de l’Italie. L’effet change y estpour beaucoup puisque la livre a perdu plus de 20% par rapport à l’euro depuis 2008, passée également de 1,67 $ en novembre 2009 à 1,42$ en mai 2010. Et de tous les membres du G7, Londres est celui dont l’activité est la plus étroitement liée au secteur financier. Celui-ci représente 10% de son PIB. Le Royaume-Uni se démarque également par le fort endettement de ses ménages qui se sont remis àéconomiser depuis 1 an et demi. En juin dernier, leur taux d’épargne était de 5,6% alors qu’il était négatif 1 an plus tôt. Cette tendance à épargner devrait cependant rester modérée d’autant que le chômage touchait fin septembre 2,46 millions de personnes, soit 7,8% de la population active contre 1,6 millions (5,2%) fin 2007.
Du côté de l’Etat, les perspectives ne sont pas meilleures. Le déficitbudgétaire a explosé. Sur l’année fiscale 2009-2010, il devrait dépasser 175 milliards de £ soit 193 milliards d’€, c'est-à-dire 12,4% du PIB. Et la dette- dont le Trésor prévoit qu’elle représentera 80% du PIB d’ici à 2014 contre moins de 40% avant la crise- s’envole.
En effet, le bilan économique du Royaume-Uni est lourd. 80 milliards de £ prises sur la dépense publique (94 milliards d’€), 30millions de £ (35 millions d’€) d’impôts supplémentaires, près d’un demi million d’emplois publics supprimés, et le tout d’ici à 2015. Et avec des budgets réduits respectivement de « seulement » 11% et 7%, l’éducation et la défense font figure de secteurs privilégiés, ce que les étudiants dont les frais d’inscription vont plus que doubler ont pourtant du mal à admettre. Seule le secteur de la santéest épargné.
David Cameron a donc annoncé un plan de relance sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale.

2) Parallèle avec d’autres pays européens.

En fait, la radicalisation du débat budgétaire britannique ne prend sens que dans le contexte de la crise financière qui a secoué la zone Euro depuis l’automne 2009.
Il y a la hantise d’une situation financière à la grecque. Auprintemps, la crise grecque s’était accompagnée d’un relèvement sensible des marges de risques sur la dette britannique : de 30 points pour les taux à 10 ans en novembre 2009 à 120 points en mai 2010. Dès Janvier, les taux longs britanniques sont passés au-dessus des taux italiens et se situaient juste en dessous de ceux du Portugal, pays considéra alors comme le maillon faible de la chaîne financièreeuropéenne après la Grèce. Mais le Royaume-Uni, à l’évidence, n’est pas la Grèce. L’échéance moyenne à laquelle la dette publique doit être remboursée (maturité de la dette) est de 14 ans, la plus longue parmi les pays développés à comparer aux 7 ans pour la France et l’Allemagne et aux 4 ans pour les Etats-Unis. La dette britannique est détenue pour plus de 70% par des résidents contre 30% dans...
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