Crise de l'euro

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Vers une crise terminalede la zone euro ? Extrait du Mémoire des luttes http://www.medelu.org

Vers une crise terminalede la zone euro ?
par Jacques Sapir

- Les contributions de Jaques Sapir -

Date de mise en ligne : mercredi 24 novembre 2010

Mémoire des luttes

Mémoire des luttes

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Vers une crise terminalede la zone euro ?

Après l’annonce du plan d’aide àl’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.

Pour le Portugal,les spreads (écart des taux d’intérêt sur la dette par rapport aux titres publics allemands) se sont relativement synchronisés avec ceux de l’Irlande. On peut le constater dans le graphique de l’agence France-Trésor datant du 5 novembre 2010.

Sur le marché secondaire des titres publics, la baisse de leur valeur de revente faciale est un indicateur du taux d’intérêt auquel on est prêt à lesdétenir. De ce point de vue, la baisse de valeur des titres publics irlandais s’est accompagnée de celle des titres portugais et espagnols. On a atteint les taux suivants le 22 novembre en fin de journée : Irlande : 8,34% (et 8,64% le 23 novembre en fin de journée) Portugal : 6,90% Espagne : 4,81%

Ceci montre que les marchés ne croient plus aux déclarations des principaux responsables qui vontrépétant que les problèmes de l’Irlande et du Portugal sont très différents. Ce qui est certes vrai techniquement, mais oublie la vision stratégique du problème. En fait, ces pays souffrent des mêmes maux, et en particulier du taux de change de l’euro. Les structures économiques différentes des pays de la zone ne peuvent s’accommoder d’un taux de change unique, en particulier si ce dernier est fortementsurévalué.

L’Espagne, qui fait face à une crise sans précédent, et où le taux de chômage est passé de 11 à 20% en 30 mois, devra d’ici la fin de l’année 2010 refinancer 150 milliards de titres publics arrivant à maturité, et cela sans compter l’augmentation rapide de son déficit. Si elle devait faire face à une nouvelle montée des taux et devait demander à bénéficier du mécanisme d’aide mis enplace pour la Grèce, cela ferait éclater ce mécanisme et confronterait les dirigeants allemands à l’issue qu’ils redoutent le plus : voir la zone Euro se transformer en une zone de compensation des déficits.

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Vers une crise terminalede la zone euro ?

Tout cela est pris en compte par les opérateurs des marchés, et en particulier par les fonds spéculatifs quiprofitent des lacunes de la réglementation européenne pour jouer à fond la carte de la spéculation. En fait, les autorités politiques de la zone euro ont commis plusieurs erreurs graves :

1.- Le plan européen visant à consolider les mécanismes de stabilisation, adopté au printemps 2010, n’est pas crédible. Il s’inspire du SDRM (Sovereign Debt Restructuring Mechanism) qui fut proposé puisabandonné par le FMI en 2001. Ce plan implique que les prêteurs privés pourraient perdre une partie des actifs qu’ils ont imprudemment achetés. or aujourd’hui les marchés n’entendent plus perdre un seul centime. Le plan pourrait être crédible s’ils se donnait des moyens de pression sur les marchés, en limitant drastiquement les fenêtres de spéculation. Mais, au contraire, c’est la liberté des États qu’ilentend limiter. Ceci est insuffisant pour rassurer les opérateurs et ne freine pas leur liberté de spéculer, ce dont ils ne se privent pas.

2.- Ce plan est par ailleurs déjà remis en cause par une nouvelle aggravation de la situation de la Grèce. Les effets du plan de stabilisation se font sentir sur le PIB avec une nouvelle récession qui, mécaniquement, accroît les déficits et surtout...
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