Crise economique

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  • Publié le : 16 juin 2009
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Crise : les lib�raux plaident non-coupable

Face � la crise financi�re et � la r�cession, l'Etat fait son grand retour dans l'�conomie. Et y compris dans les pays les plus lib�raux, Etats-Unis ou Royaume-Uni. La prise de contr�le du constructeur automobile General Motors vient apr�s celle de plusieurs banques; des plans de relance massifs, creusant les d�ficits budg�taires, sont engag�s. Depuisle sommet du G20 de Londres, le 2 avril, les Etats tentent de r�guler les zones d'ombre de la finance, des paradis fiscaux aux fonds sp�culatifs.
Les th�ses keyn�siennes reviennent en gr�ce, pendant que les id�es lib�rales, qui avaient triomph� depuis Margaret Thatcher et Ronald Reagan, sont remises en cause. Interrog� devant une commission du Congr�s des Etats-Unis en octobre 2008,l'ex-pr�sident de la R�serve f�d�rale am�ricaine (Fed) Alan Greenspan a fait son mea culpa, admettant avoir "fait une erreur en croyant que le sens de leur propre int�r�t, notamment (celui) des banquiers, �tait la meilleure protection".
Comment les penseurs lib�raux vivent-ils cette remise en question ? Certains disent s'opposer en r�alit� � la toute-puissance du march�, comme Nicolas Baverez, avocat,historien, �conomiste (chroniqueur au "Monde Economie"), et partisan d'un "lib�ralisme politique � la fran�aise" reposant sur l'id�e que "tout pouvoir, politique ou �conomique, a vocation � �tre limit� et contr�l�". Il plaide pour une "r�gulation intelligente" et la recherche d'"une forme de mondialisation politique pour �quilibrer la mondialisation �conomique et financi�re". Parce qu'il englobeaujourd'hui des puissances imp�riales comme la Chine ou la Russie, "le capitalisme est devenu universel, mais non pas les valeurs de la d�mocratie", dit-il.
Mais d'autres penseurs d�noncent un faux proc�s fait � leur conception du lib�ralisme.
"C'est extraordinaire que l'on puisse dire que la crise actuelle marque la faillite du lib�ralisme, alors que sa cause majeure est la politique d'argent facilemen�e par les banques centrales am�ricaine, anglaise, japonaise ou europ�enne, m�me si cette derni�re a �t� moins d�stabilisante", dit Pascal Salin, professeur �m�rite � l'universit� Paris-Dauphine. Marc de Scitivaux, �conomiste lib�ral et pr�sident de la soci�t� de conseil Socofi, d�douane cependant la politique - souvent critiqu�e a posteriori - de M. Greenspan, en expliquant la baisse des taux demarch� par la surabondance d'�pargne des pays �mergents.
Selon les mon�taristes de l'Ecole de Chicago, partisans de son fondateur, Milton Friedman (1912-2006), les taux directeurs des banques centrales doivent �tre fix�s automatiquement pour �viter une cr�ation mon�taire excessive, qui perturbe le niveau g�n�ral des prix : "John Taylor, d'ob�dience "friedmanienne", a invent� une r�gle selonlaquelle les taux sont d�termin�s en fonction de l'inflation et de l'�cart entre production r�elle et production potentielle. Si cette r�gle avait �t� appliqu�e, on n'aurait pas eu des taux r�els n�gatifs et la crise qui s'en est suivie", note ainsi Florin Aftalion, professeur �m�rite � l'Essec.
De son c�t�, l'Ecole autrichienne des �conomistes Ludwig von Mises (1881-1973) et Friedrich Hayek (1899-1992)critique les effets de taux d'int�r�t trop bas sur "la distorsion de l'appareil productif", certains secteurs se d�veloppant exag�r�ment. "C'est ce qui s'est produit dans la crise actuelle qui est sectorielle et touche par exemple l'automobile, l'immobilier ou la banque, o� le cr�dit a �t� trop important et trop facile", dit M. Salin.
Friedmaniens ou hayekiens d�noncent aussi la politique depr�ts immobiliers aux m�nages am�ricains modestes. "On a cr�� les conditions pour que les banques fassent toutes ces b�tises", r�sume Nicolas Lecaussin, directeur du d�veloppement de l'Institut de recherches �conomiques et fiscales (IREF) ; elles ont �t� "forc�es � pr�ter par une politique o� des organismes parapublics (Freddie Mac et Fannie Mae) les ont couvertes".
"Les cons�quences de cet...
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