Crise greque

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  • Publié le : 7 mai 2011
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Le concile Vatican II. Bref rappel
Lucien Lemieux |
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 IntroductionLe XXIe concile général, tenu à l’automne des années 1962 à 1965 et dénommé Vatican II, a généralement rassemblé 2,500 évêques, dont 28 du Québec. Lors des huit premiers conciles, les épiscopes présents provenaient du Moyen-Orient, à quelques exceptions près; l’épiscope de Rome, plus tard dénommé pape, n’avait convoqué aucunde ces conciles et n’y était pas présent. Les douze conciles suivants, réunis en Europe, étaient majoritairement composés d’évêques de ce continent. À Vatican II, seulement le tiers des évêques catholiques romains y exerçaient cependant leur ministère. Des seize documents, dont le contenu fut mis au vote lors du concile : quatre constitutions, neuf décrets, trois déclarations, sept demeurent depremière qualité : deux sur l’Église, une sur la Révélation divine où est valorisée l’Écriture sainte, une autre sur la liturgie, les trois autres traitant de l’œcuménisme, de l’Église et les religions non chrétiennes, et de la liberté religieuse. Ce concile est le premier, en histoire du christianisme, qui s’est penché sérieusement sur l’entité et la mission de l’Église.À l'écoute de l'EspritSaint et du monde, la hiérarchie ecclésiastique a fait acte d'humilité lors de ce concile. Elle a abandonné le monopole qu’elle s’était accaparée depuis le Bas Moyen Âge sur l'être humain, sur la vérité, même sur l'ecclésialité. Aucun nouveau dogme n'a été ajouté, aucun anathème n a été prononcé. A plutôt été présentée une Église qui redécouvre ses racines dans la présence aux personnes, dans lacommunion entre ses membres et dans son service au monde. Le communautaire prédomine sur l'individuel; l'autonomie des valeurs terrestres et la fécondité du dialogue sont reconnues.Par comparaison au concile Vatican I (1869-1870), jusqu'alors omniprésent au Québec dans la continuité du concile de Trente (XVIe siècle), on passait d'une Église institution à une Église communion, d'une Église société àune Église mission, d'une Église centralisée à des Églises locales, d'une insistance sur l'autorité à une insistance sur le service, d'une présence de pouvoir à une présence de témoignage au monde, d'une Église cléricale à une Église tout entière ministérielle.Église communautaire et missionnaireLa tendance actuelle chez les dirigeants ecclésiastiques d’insister sur l’Église communion peut êtretrompeuse. Certes, c’est mieux que l’insistance antérieure sur l’institution. Mais n’est-ce pas en même temps une récupération du concile? Mettre l’accent sur la communion, sur l’unité, ne conduit-il pas à une commune union, à une intimité, sinon à une relation intimiste, fusionnelle, dont la communion eucharistique individuelle et l’adoration du saint-sacrement redeviennent des signes sensibles? Àmoins que l’on ne recherche encore une uniformité, qui serait de toute façon artificielle? Une distinction se répand à l’heure actuelle entre les catholiques de la communion et ceux du royaume de Dieu. Ces derniers ne seraient-ils pas les plus évangéliques?De toute façon, les mots communion et communautaire incluent deux fois la lettre m et procèdent de deux mots latins cum et munus, qui setraduisent par charge avec. Porter une charge avec d’autres, ce n’est pas seulement relationnel, c’est aussi fonctionnel. Il s’agit d’une responsabilité, d’une coresponsabilité. L’Église est un rassemblement de personnes baptisées, convoquées par l’Esprit Saint, pour réaliser une mission, la même que celle de Jésus : annoncer au monde l’avènement du royaume de Dieu sur terre et participer activement à sonexpansion. En ce sens, les deux constitutions conciliaires sur l’Église intitulées respectivement en français L’Église et L’Église dans le monde de ce temps, auraient dû n’en faire qu’une. En effet, l’Église fondée sur Jésus le Christ et animée par son Esprit n’a aucun sens, si elle n’est pas envoyée dans le monde, si elle n’est pas missionnaire en même temps qu’en cheminement.La foi chrétienne...
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