Crise

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Causes et conséquences de la crise économique et financière actuelle – Débats dans la gauche allemande
2009 février 1
mots-clés : crise, Crise économique
by Futur Rouge

(source : Tlaxcala 14/01/09 AUTEUR: Jürgen ELSÄSSER Traduit par Michèle Mialane, révisé par Fausto Giudice)

La crise économique que le monde traverse en ce moment n’est pas une simple affaire d’économie, mais bien aussid’impérialisme. C’est moins une aggravation de l’exploitation par l’industrie capitaliste (suraccumulation du capital) que les spéculations, lancées à partir de ses bastions états-unien et britannique, auxquelles se livre la finance internationale qui ont conduit à la catastrophe du siècle, dont nous vivons désormais les débuts. Des «armes financières de destruction massive » ont été systématiquementmises en place, transformant des régions industrielles entières en « terre brûlée ». Comme Londres et Washington bloquent toute tentative de réguler l’économie-casino mondialisée, c’est aux États-nations d’agir : il ne faut pas sauver les banques allemands qui participent à l’étranglement de l’économie réelle. Il faut bien plutôt les nationaliser sans les dédommager et les placer sous contrôledémocratique strict.

La Chancelière allemande a qualifié à la mi-octobre la crise économique de « mise à l’épreuve la plus dure depuis les années 20. » Quelles sont mes raisons de ce bouleversement, le pire depuis les années 20 ? Deux pistes d’explication s’opposent. Pour la gauche il s’agit avant tout d’un problème d’exploitation et de répartition ; le terme qu’emploie Marx en pareil cas estcelui de « suraccumulation» ; les capitalistes ne font en définitive que ce qu’ils ont toujours fait, mais cette fois-ci ils se sont montrés particulièrement brutaux ; l’exploitation a été telle que le capital qu’on en retire ne peut plus être investi de façon rentable dans la production et a donc trouvé un exutoire dans la spéculation.

Pour les commentateurs « bourgeois », en revanche, le problèmerelèverait plutôt de la sphère financière. Le Spiegel, par exemple, développait son titre de la mi-novembre dernière en parlant de « crimes du capital (….) commis par les banquiers, tolérés par les politiciens. » Cette explication, comme nous allons le montrer dans ce qui suit, est paradoxalement plus « marxiste » et surtout plus réaliste que celle de la gauche. La focalisation sur les «boursicoteurs » et « spéculateurs » induit en erreur surtout parce qu’elle évoque avant tout des hommes cupides et irresponsables et réduit donc cela à une affaire d’individus. Il vaudrait mieux parler de capital financier ou d’aristocratie de la finance, qui à partir de leurs principaux bastions, aux USA et en Grande-Bretagne, ont pratiqué systématiquement une stratégie de dérégulation des marchés. C’estainsi qu’ont été mises en place, surtout dans ces dix dernières années, des « armes financières de destruction massive » qui permettent aux super-riches de pressurer le reste du monde. L’expression est de Warren Buffett, un milliardaire usaméricain clairvoyant, qui a toujours critiqué l’économie -casino pratiquée par ses pairs.

« Capital fictif »

Les « armes financières de destructionmassive », ce sont des produits financiers hautement spéculatifs, dits « produits dérivés », créés à l’époque où Alan Greenspan était Président de la FED (1987-2006), et surtout à partir de la fin des années 90. « Ils recèlent des dangers invisibles pour l’instant mais potentiellement mortifères » écrivait Buffett dès la fin 2002. Les munitions pour ces armes c’est le « capital fictif » (ou virtuel),qui ne provient pas de la création de valeur et de l’accumulation capitaliste (donc de l’exploitation de la main-d’œuvre, comme l’analyse la gauche), mais qui est généré par des ordinateurs, – ce qui ne l’empêche pas de causer d’épouvantables dégâts, bien réels ceux-là. Les principaux coupables sont les « hedge funds » et les « Private Equity funds » – les « criquets pèlerins’ , selon le mot...
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