Crises de change dans les pays emergents: quel role pour l'integration regionale?

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  • Publié le : 29 août 2011
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CRISES DE CHANGE DANS LES PAYS EMERGENTS :
QUEL ROLE POUR L’INTEGRATION REGIONALE ?


Introduction

La décennie 1990 a été marquée par une forte recrudescence des crises financières dans les pays émergents. Ces crises, qu’elles aient éclaté de manière directe ou par effet de contagion (crise mexicaine et effet Tequila 1994-1995, crise asiatique 1997-1998, crises russe et brésilienne1998-1999), se caractérisent par leur nombre, leur ampleur et leurs formes diverses (les crises peuvent être bancaire, cambiaire, monétaire, …). Ce caractère résolument polymorphe rend difficile la classification des crises selon leur nature. Il apparaît toutefois, que la majorité des épisodes de crises qui ont frappé les pays émergents dans les années 1990 se sont généralement traduit par des attaquesspéculatives sur les régimes de change et ce, quelle que soit la nature première de la crise (bancaire, cambiaire ou jumelle). En outre, ces crises ont pour la plupart frappées des économies qui conjuguaient ouverture aux opérations internationales, afflux massifs de capitaux étrangers et ancrage nominal du taux de change, comme le montre l’exemple de l’Argentine. Elles sont donc la conséquencedirecte et inévitable du phénomène de mondialisation dont la crise actuelle des « subprimes » indique les limites, notamment en termes de régulation. Aujourd’hui, ces dysfonctionnements sont largement mis en évidence, et un grand nombre de pistes de réflexion visant à encadrer voire à juguler ce processus de mondialisation a vu le jour, parmi lesquelles la nécessité d’améliorer la réglementation,la supervision et le contrôle des risques. Dans ce contexte, une refonte du Système monétaire et financier international a été envisagée, notamment via l’amélioration du dispositif prudentiel et la question du prêteur international en dernier ressort. Mais d’autres voies concernant le contrôle des mouvements de capitaux (taxe Tobin) ou encore le choix optimal d’un régime de change (OBSTFELD, M.,TAYLOR, A.2002) ont également été explorées. Les différentes réflexions menées sont principalement allées dans les sens de la recherche d’une plus grande stabilité financières des économies.
Or, simultanément au mouvement de mondialisation et aux crises financières qui en ont découlé, il apparaît que les années 1990 ont également été marquées par un regain d’intérêt pour la régionalisation et, afortiori, pour des formes nouvelles de régionalisation. Si la régionalisation correspond généralement à un approfondissement spontané des interdépendances économiques entre pays voisins par le biais des mécanismes de marché, comme le montre la multiplication des accords commerciaux régionaux, elle est de plus en plus le fait d’initiatives institutionnelles. Les unions économiques régionalesrevêtent donc des formes bien distinctes qui se différencient par l’ampleur de leur élargissement et la nature de leur approfondissement mais également par le degré, l’intensité et le rythme de leur institutionnalisation. A l’inverse de la mondialisation qui tend à éroder les frontières, la régionalisation se traduit au contraire comme la volonté d’en imposer de nouvelles. Le développement parallèle denouvelles formes de régionalisation amène alors à se demander dans quelle mesure l’appartenance à un bloc régional garanti la stabilité des pays émergents dans un contexte de vulnérabilités financières.
A l’inverse de l’idée généralement répandue selon laquelle plus les pays sont intégrés, plus il y a effet de contagion, l’idée contre intuitive qui va être défendue est qu’une zone d’intégrationpermet d’asseoir la stabilité économique, financière et politique de ses états membres. Cela ne signifie pas qu’être intégré permet d’éviter une crise mais que s’il y a crise, la régionalisation permet d’en limiter l’intensité et la durée. Prouver cette assertion nécessite toutefois de disposer d’indicateurs de crises intégrant les deux dimensions d’intensité et de durée. La construction de deux...
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