Critique de la raison pratique - kant

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  • Publié le : 15 mai 2010
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1. PRÉSENTATION

Critique de la raison pratique [Kant], ouvrage de Kant, paru en 1788.

Après la Critique de la raison pure qui a mesuré les pouvoirs et circonscrit le domaine propre à l’exercice de la raison théorique, la seconde Critique présente la philosophie pratique de Kant, et s’attache à démontrer que si l’usage théorique de la raison est limité par les objets de l’expérience, sonusage pratique lui ouvre en revanche un champ d’application illimité : celui de l’action morale comme pratique inconditionnée.

2. VOULOIR ET DEVOIR


Emmanuel Kant

La vocation de la raison, bien comprise dans les limites et les structures de sa possibilité, est pratique, car elle est seule apte à déterminer la volonté. En tant qu’elle le peut, l’exercice légitime de la raisonpure, par opposition à la raison empiriquement ou scientifiquement déterminée, est un pur devoir ; cette pureté tient à la volonté comme pouvoir législatif — autodéterminé et autodéterminant — de la raison qui, comme telle, situe d’emblée ladite volonté au-delà des limites de la sensibilité et en deçà de la raison spéculative. Le bonheur, le bien et autres désirs de perfection, ne sauraient enaucun cas épuiser les ressources de la « bonne volonté », qui est la volonté a priori bonne. Ainsi, de même que les mathématiques mettent en équation un problème en vue de le résoudre, la critique de la raison pratique consiste à poser les purs principes rationnels de la moralité, afin d’en asseoir l’universalité et la nécessité.

Si la Critique de la raison pure a consisté à retourner la raisoncontre elle-même, afin de dégager les règles intrinsèques qui assujettissent toute connaissance objective à l’expérience, inversement, la seconde Critique fait de la dévaluation spéculative du savoir, une réévaluation pratique et non moins intrinsèque : de l’examen des pouvoirs de la faculté de connaître, on passe désormais à celui de ses devoirs, par nature conformes au principe objectif de l’agirmoral. C’est ainsi que le bien ne saurait être celui d’un objet autre que celui de la raison elle-même, en tant qu’elle se veut comme telle : soit, raisonnable et non plus seulement ratiocinante. Si la connaissance objective revient aux seules sciences expérimentales, alors le véritable objet de la philosophie consiste à poser les principes purs de l’action morale. Or ceux-ci ressortissent àl’intention pure que Kant distingue de la simple inclination, fût-elle louable : en effet, la compassion, par exemple, est « conforme au devoir mais n’a aucune valeur morale véritable ». Car, dans le premier cas, le motif, le moyen ou la fin de l’action (ou de la pratique) morale est l’exercice de la raison par et pour elle-même, seul susceptible d’en garantir la rationalité : « La majesté du devoir n’arien à voir avec les jouissances de la vie ; elle a sa loi propre, elle a aussi son propre tribunal » et, de fait, elle est réflexive ou héautonome ; dans le second cas, la raison comme volonté morale transitive reste tributaire de déterminations hétéronomes, et pour ainsi dire impures, car empiriques. La preuve de la relativité de ces dernières, fussent-elles à l’origine d’une bonne action, résidedans le fait qu’un mauvais usage des préceptes moraux reste toujours possible.

Il en résulte que seule, dans le devoir, la raison commande absolument, car le devoir est « à proprement parler un vouloir, qui vaut pour tout être raisonnable, à la condition que chez lui la raison soit pratique sans obstacle ».

3. MAXIME ET PRÉCEPTE

« La nécessité d’une action accomplie par respect pourla loi » morale permet dès lors de distinguer l’action « conforme au devoir », qui relève de la simple légalité (car inspirée par le sentiment, la crainte ou l’inclination), de celle qui s’effectue « par devoir », c’est-à-dire par moralité ; cette dernière dépend en effet du seul respect de la loi, comme sentiment déterminé a priori (ou purement rationnel) par la représentation (ou idée) de la...
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