Critique de l’organisation du travail

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  • Publié le : 29 novembre 2009
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Fiche de Lecture

Prévaut aussi l’idée de « faire l’inverse des experts : partir de l’économie réelle et des besoins des gens pour théoriser les solutions
Thomas Coutrot publie son livre « Critique de l’organisation du travail » en 1999 à Paris, aux éditions La Découverte & Syros. Dans les années 90, on assiste à une transformation majeure de l’économie mondiale. L’augmentation des échangeséconomiques internationaux permet une meilleure efficacité économique, mais des menaces pèsent sur les travailleurs. Le chômage et l’exclusion sociale deviennent persistants dans les pays riches comme pauvres. La libéralisation des échanges et la flexibilité de la production s’accompagnent d’une déréglementation des marchés financiers. En 1995, la France est le témoin d’une vague de contestationsociale majeure. Les grèves de la fonction publique et du privé démontrent l’insatisfaction générale des travailleurs et des syndicats.
Dans ce climat s’élève le discours d’économistes contestataires qui remettent en question la pensée dominante néolibérale, c'est-à-dire une économie basée sur la finance, la spéculation boursière. Thomas Coutrot, économiste et statisticien français né en 1956s’inscrit dans ce courant de remise en question. Son engagement militant l’amène à devenir membre du Réseau d’alertes sur les inégalités (ou RAI) dont la mission est de lutter contre les différentes formes d’exclusion. Il est aussi membre de l'association altermondialiste ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne) qui préconise «La responsabilité socialedes entreprises » : la nécessité pour les entreprises d’intégrer dans leur logique de rentabilité, des préoccupations sociales et environnementales. Ceci nous permet de contextualité le propos du livre.
Dans un premier temps, nous allons tenter en résumant le livre de faire ressortir les thèmes majeurs abordés par Thomas Coutrot, puis nous reprendrons certains concepts et chercherons à expliquercomment ils ont pu orienter notre réflexion sur l’organisation du travail et notre pratique professionnelles en ressources humaines.

L’objet du livre est de comprendre la genèse du modèle néo-libérale, d’en poser les limites et de tenter de trouver des solutions pour résoudre les problèmes qu’il génère.
L’entreprise capitaliste repose essentiellement sur l’antagonisme entre les possesseurs ducapital (détenteurs des moyens et outils de production) et les travailleurs (détenteurs de leur force de travail). L’entreprise moyennant un coût (salaire) dispose de la disponibilité et de la dépendance des travailleurs. Mais comment les contrôler?
L’organisation du travail est l’outil de contrôle. Sous couvert de l’efficacité technique, du progrès et de la cohésion sociale, l’entreprisecapitaliste a développé le concept de division du travail que l’on retrouve chez Frederick Winslow Taylor, au début du XXe siècle Bien que défendu par de nombreux économistes et sociologues classiques tel que Adams Smith, la division du travail est une technique de domination par la déqualification/ surqualification et la rémunération de la performance et non de la qualification. L’organisation du travailet la division du travail sont historiquement présentés comme une rationalisation scientifique, or Coutrot démontre qu’elle est un enjeu stratégique et politique dont l’objectif est la réalisation de profit et la survie de l’entreprise dans un environnement complexe. L’organisation du travail est fondamentale. Elle permet aux organisations de maîtriser trois facteurs de flottement. L’« incertitudemarchande » (p9) L’« incertitude organisationnelle » (p14) (supervision directe, standardisation des procédés, standardisation des qualifications, ajustement mutuel, standardisation des résultats). Et finalement à la base du compromis historique entre capital et travail, on retrouve l’«incertitude sociale » (p17). L’ensemble des travailleurs constitue une force qui se manifeste soit par la...