Critique litteraire

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 13 (3163 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 3 juin 2012
Lire le document complet
Aperçu du document
La Critique littéraire au XXème siècle, Jean-Yves Tadié

Introduction Le phare d’Alexandrie
Au XXème siècle, la critique se veut l’égale de l’œuvre d’art. Celle-ci a éclaté et l’interprétation devient une partie du texte. Les textes appartiennent à la critique plus qu’à l’écrivain. Les critiques sont souvent des écrivains qui expriment leur esthétique, ou qui révèlent d’autres auteurs méconnus(Malraux avec Faulkner). La critique des artistes est une œuvre d’art, elle est sensible. La critique appartient à l’œuvre qu’elle prolonge, elle est un espace de résonance. La critique parlée (des journalistes) parle de centaines d’ouvrages du présent : écriture rapide, faire des paris, pas d’analyse profonde. C’est le journalisme littéraire qui participe à la vie littéraire. La critique quifait l’objet de ce livre est celle des « professeurs » : plus précise, mieux documentée, garde le passé, plus scientifique, enrichie des sciences humaines (psychanalyse, sociologie etc.).

I.

Les formalistes russes

École née pendant la Première Guerre, interrompue en 1930, connue en Europe occidentale seulement en 1955 (Russian Formalism, Victor Erlich) et 1965 (Théorie de la littérature,Tzvetan Todorov). L’œuvre de Propp et de Jakobson est au même moment divulguée. Hiver 1914-1915 : des étudiants fondent le Cercle linguistique de Moscou. 1917 : « Société d’étude du Langage poétique » (critiques, poètes comme Maïakovski, Pasternak, Mandelstam) Tout ceci est une réaction pour le formalisme contre le subjectivisme et le symbolisme. En 1932, un décret officiel interdit tout groupelittéraire… La théorie de la méthode formelle Eikhenbaum en 1925 : c’est une « science autonome ayant pour objet la littérature considérée comme série spécifique de faits ». Elle rompt avec l’esthétique, la science du Beau, la philosophie, la psychologie etc. Jakobson en 1921 : « l’objet de la science littéraire n’est pas la littérature mais la « littérarité », c’est-à-dire ce qui fait d’une œuvredonnée une œuvre littéraire ». rupture avec l’Histoire et orientent les études vers la linguistique. Elle s’attache au cours de sa première période à distinguer la langue poétique de la langue quotidienne. Une deuxième période plus concrète : l’étude des sons du vers mène à une théorie du vers. Pour la prose, le sujet est redéfini comme un élément de l’élaboration de l’œuvre et non plus son thèmecentral. Rien n’est figé, ce n’est pas une classification. Les travaux sur le vers progressent. Ils s’intéressent à l’évolution littéraire. Moments principaux de cette méthode selon Eikhenbaum : de l’opposition initiale entre poétique et langue quotidienne vers une différenciation des fonctions de la langue quotidienne et une délimitation de la langue poétique et de la langue émotionnelle. (poétique +rhétorique). De la notion de forme à celle de procédé puis de fonction. Du rythme opposé au mètre, jusqu’au vers comme forme particulière du discours, ayant ses propres traits linguistiques. Du sujet comme construction, au matériau comme « motivation », élément dépendant de la construction. L’analyse du procédé conduit à l’évolution des formes, à la mise en question de l’histoire littéraire.L’analyse de la prose : TOMACHEVSKI Dans un texte de 1925 tiré de sa Théorie de la littérature, il traite du choix du thème, des rapports fable-sujet, de la motivation, du héros, de la vie des procédés et des genres littéraires. L’idée, le thème , unit les phrases en une construction. Le choix du thème dépend de l’accueil du lecteur (l’écrivain y pense toujours même inconsciemment), il faut donc qu’ilsoit intéressant mais les œuvres d’actualité ne survivent pas à un intérêt temporaire tandis que les thèmes universels demeurent semblables… à l’intérêt s’ajoute « l’attention » : la sympathie ou l’antipathie de l’auteur s’incarne dans ses personnages qui orientent les émotions du lecteur. Le rapport fable-sujet Le thème est constitué de « petits éléments thématiques » disposés selon 2 types...
tracking img